Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

HISTOIRE SOCIALISTE 747 mais en gardant son fils, ce qui rendrait la liberlé illusoir~. On doil regarder loul ce qui s'esl /ail depuis deux a11.1comme nul, q11a111 à la volonté du roi, mais impossible à chauqer, lanl que la fJNnde mojorili! de la nation sera pour les 11ouvcautés. C'est à faire changer cet esprit quïl faut tourner toute notre application. • • Résumé: li désire que la capli vilé du roi soit bien constatée et bien connue des puissances étrangères; il désire que la bonne volonté de ses parents, amis et alliés el des autres souverains, qui vou<lraient y concourir, se manifeslAl par une manière ·de Congrès où on employât la voie des négociations, bien entendu qu'il y etH une force imposante pour les soutenir; mais toujours assez eu arri~re pour ne pas provoquer au crime el au massacre. • Le roi ne croit pas devoir ni pouvoir donner un plein pournir illimité, mais il envoie ce papier écrit ea blanc pour être remis à son frère. • Ain,i la force des m~nlrestations révolutionnaire, après Varennes !ail hé,iter le roi el la reine: ils n'osent plus appeler le secours des armes étrang~res de peur d'élre mas•acrés par le peuple. :Maisils ne se ré~ignent pas à la 'Constitution: ils font constater officiellement leur captivité pour pou,•oir désa,·ouer ensuite ùevanl le monde le serment prél6 à la loi nouvelle. Ils désirent que les puissances étrangères pèsent sur la France, mais par unP inler1ention prudente et en dissimulant leurs armées derrière un rideau de Congrès el de diplomatie. Mais ils se placent par là dans une situation tout à !ait fausse. En se déclarant prisonniers ils autorisent les princes à dépasser leurs instruction~. el la fougue ùe ceux-ci, leur zèle immodéré ou égoïste les compromeltenl à loul instanL A ,rai dire, même après Pilnitz, les étrangers alleudent encore el se réservent. Seul le roi de Suède, ayant recueilli Bouillé à sa Cour, médite des entreprises aventureuses contre la France: il r~ve de réunir une Oolle dans la llanche, el de débarquer des troupes en Normandie. Mais nul en Europe ne le prend au sérieux: il avait demandé, pour ses projets de ra•:;emblement aarnl, la bienveillance de l'Angleterre: le roi Georges Il, coaseillt\ par ses ministres, se refusa par une lettre catégorique à toute démarche compromettante. . li écrit le 13 aoül 1701, au roi de Suède: • Ma conduite par rapport aux troubles qui onl tan( ai:-iléle royaume de France a été dirigée par les principes d'une neutralité e,acte el parfaite, el jamais, dans aucune des occasions qui se sonl élevées, je ne me suis départi de ce sy,lème. • Je suis bien éloigné de vouloir m'immiscer dans les afl'aires intérieures de ce royaume, afin de profiler de ce moment de crise, ou pour en retirer les anntage~ que le• circonstances pourraient m'ofl'rir. Par une suite des mêmes principes, je suis dam tinle11tio11de ne prendre aucwie pari auz mesures qur les autres p11issm,us de l'Ewope pourront .,e trouver dans le cas <f adopter à ce sujet, ni en les ,eeonda:nl, 11ien m·y opposant.

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