Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

720 IIISTOIHE SOCIALISTE Salamine ..... • Et les Français a11.<siauront leur Mamthon, leur SalaminP, ,'il rsl des 1,uissa11cesasse~ folle.<pour les a/laquer. lei, messieurs, le 110111bre e.,t mème du côté de la liberté, et 11ous aurons à envier aux Sprulia/e., la qloire qu'ils ont eue de lutter at·ec peu de héros contre des mu!es ennemies: Nos Thermopyles se,·011toujours couvertes de téqions 11ombreuses. • c D'ailleurs, disait-il, les pubsances doivent é\'itcr la guerre précisément pour éviter le contact du peuple avec la Prance révolutionnaire. Est-cc en s'armant contre nous, en inondant la Prance de leurs troupes, que le, rois étrangers préviendront la contagion de la liberté? Peuvent-ils croire que leurs soldats n'e11tendront pas ces saints cantiques: qu'il ne seront pas ravis d'une Constitution où toutes le~ places sont ouvertes à tous; où l'homme est l'égal de l'homme? Ne doivent-ils pas craindre que leurs soldats n'imitent la conduite des Allemand, en Amérique, ne s'enrôlent sous les drapeaux de la liberté, ne se mêlent dans nos familles, ne dennent cultiver nos champs qui de,iendronl les leurs? • • Ce n'est pas seulement ceux] qui resteront avec nous qu'ils auront à redouter, mais ceu~ qui, la-sês d'une guerre impie et infructueuse, retourneront chez CU\. Ceux-là feront naturellement des comparaisons de leur sort a,ec le sort des Prançais, de la perpétuité de leur esclavage a\'ec l'égalité des autres. Jls trouveront leurs seiqnew·s plus insolents, leurs ministres plus oppresseurs, les imp&t$plus pesants cl ils se ré,·olteront. La Ilévolulion américaine a enfan lé la Iltholution française; celle-ci sera le foyer sacré d"où partira l'élincelle qui embrasera les nations dont les maitres oseront l'approcher! • Ainsi, dans la tête active de Brissot est formé dès maintenant tout le système prochain de la Ilévolulion: la tendance à la Ilépublique, la Ilé,olu tion belliqueuse, la guerre de propagande. En ces chaudes el troubles journées de juillet, bien des idées fermentaient. Mais elles étaient trop con!u,es et trop contradictoires pour prendre sur les événements. P.ir exe;nple, le procès intenté lt Louis XYI pouvait appeler sur la France révolutionnaire la violence des rois: Brissot dit, non sans témérité, que la Fr,,nce était prèle à repousser l'agression du monde. Mais que devenait alors le procès même? Le roi ne J>OU1ailalors être acquitté sans que celle absolution parùl une conce,sion d« la peur à la force armée des souverains. C'élail donc la rondamnalion obligatoire non seulement du roi, mai~ de la monarchie pour les dfoils de laquelle les rois el les empereurs auraient pris les armes. De l'hypoth~,e d,• Bris,ot la Ilépublique jaillissait donc néce~sairemenl. Et pourtant celle népublique nécessaire, Brissot lui-même la masquait par toute sorte de combinaisons compliquées comme celle du conseil exérnli!. Le brusque départ du roi et sa tentative, à demi innocente pour avoir été

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