Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

HJSTOIRE SOCJALISTf: 7tl maintenir, c'est parce qu'elle est la sauvegarde de leur bonheur: La Constitution lui laisse sa prérogative et son véritable caractère. Vos représentants seraient criminels sïls avaient sacrifié 24 millions de citoyens à l'intérêt d'un seul homme » ... • La capitale peut servir de modèle au reste de la France: le départ du Roi n·a pas causé d'agitation; et, ce qui fait le désespoir de nos ennemi~, elle jouiL d'une tranquillité parfaite •· (Vifs applaudissements.) « li est, envers les grandes nations, des attentats que la générosité seule peut faire oublier. Le peuple français était fier dans la servitude; il montrera les vertus et l'héroisme de la liberté. Que les ennemis de la Constitution le sachent: pour asservir de nouveau le territoire de cet Empire, il faudrait anéantir la nation. Le despotisme formera, s'il le veut, une pareille entreprise; il sera vaincu ou àla suite de son affreux triom]Jhe, il ne trouvera que des ruines. " (\'ifs applaudissements.) Ce sont déjà presque les accents de la Marseillaise: mais en même temps, avec une extrême prudence politique, l'Assemblée se réservait ou de constater que Je Itoi al'ail été contraint, ou de faire appel à la générosité de la nation envers ce grand attentat. Elle rappelait la néce,silé de la monarchie pour un grand peuple, jusque dans Je document qui accusait la royauté contrerévolutionnaire. Mais, en celle même séance du 22 juin, une demi-heure après la lecture de radres:;e de Demeunier, des cris du dehors annoncent l'arrivée d'un courier: oo ente11ddire confusément, note le procès-verbal: le 1·oi e;t pris / 'te roi est arrèté I Les députés rentrebt avec précipit~tion dans la salle; une gran 'o agilalion règne dans l'Assemblée; deux couriers entrent au milieu des applaudissements el remettent un paquet au pré,idenl. Le roi était pris en etret: c'étaient des lettres des officiers municipaux de Sainto-~fenehould annonçant qu'au passage le roi avait été reconnu: el que Drouet courait à la poursuite des voitures. • Il est 3 heures du malin el il ne sont pas encore revenus •· illais des lettres de Chàlon et de Clermont annonçaient qu·à Varenne Je roi avait élé arrêté. En vain avait-il essayé d'attendrir la municipalité de Varennes. En vain les détacheme_nts de dragons, placés à Varennes, par Bouillé, avaient-ils élé invités à cnle,cr le roi: un gros rassemblement de peuple arnit obligé les dragons à se retirer : et le roi Culramené vers Paris. L'Assemblée ordonna immédiatement que Bouillé serait mis en état d'arrestation. Elle ordonna que le roi fût reconduit sous la protection des gardes nationales et que toutes les précautions fussent prises pour assurer sa vie. Elle dépêcha trois commissaires, Pétion, Latour-Maubourg et Barnave à la rencontre de la famille royale. En apprenant l'arrestation du roi, les modérés de l'Assemblée se félicitèrent de n'avoir vrononcé aucune parole irrévocable. Ils n'avaient plus à craindre un mouvement contre-révolutionnaire organisé el dirigé par le roi,

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