Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

708 HISTOIRë SOCIALISTE seroenl que quelques semaines ne suffirent pas pour délruire entièrement mon influence, el quelques soins qu'eussent pris mes ennemis pour me priver de celle scandaleuse popularité, au 2 f juin, il m'en restait encore asse:;pour sauver Lafavette ... • El c't!sl bien tout le régime bourgeois qu'il entendait sauver ain,i à la fois contre la Cour et contre le peuple. li le déclara dès le 21 juin à la tribune même de l'Assemblée avec une nellelé audacieuse. • Je rappelle à tous les bons citoyens que ce qui importe surtout dans le, circonstances actuelles, c'est qu'au lieu où la puissance publique peul parl<•r, peul agir, elle puisse le faire librement, qu'elle jouisse du plus grand calme, de la plus ferme union, et que tous ses mouvements, livrés à la seule prudence des représentants de la natio>1,ne soie11tpas influencés par des causes qui, quelque populaires qu'ellts puissent paraitre, ne seraie11tque le résultat d'influences étrangères. (C'est bien vrai.) • Messieurs, il faut de la force dans Paris, mais il y faut de la tranquillité. li faut de la force, mais il faut que celle force soit mue par une seule volonté, el celle volonté doiLêtre la vOlre. Du moment qu'on croirait pou mir l'influencer, on mettrait dès lors en péril la chose publique dont ,•ous êtes seuls los dépositaires el de laquelle seuls vous pouvez répondre. Le véritable danger du moment csl dans ces circonElanccs exlraordinaires où l'elîervescence e,t e1cilée par des personnes don l le palriolisme seraiL loin d'être le sentiment, dont le salut public serait loin d'être l'objet. • Il importe actuellement que Lous les hommes véritablement amis de la patrie, que tous ceux qui ont un intérêt commun m·ec elle, que ceux qui sont devenus les sauveurs de la France el de Paris dans celle journée du 1-i juillet qui a failla Ilévolulion, se réunissent encore el se tiennent prêts à marcher. " Vous vous rnppetlere:; qu'alors le premier mo11veme11lfui donné par une classe peu réfléclde, facitPment entrainée el que des désordres en fure111 feffet. Le lendemain, LES 1101111Es PEliSANTS, LES PROPRIÉTAIRES, les ciloye11svérilableme11t attachés à la patrie s'armèrent, les désordres ces.1èrent, les actes véritablemenl civiques leur s11ccédère111el la France /111 sauvée. Telle esl la marche que nous devons prendre. Je demande donc que l'Assemblée nalionale prenne une résolution par laquelle elle ordonne à tous les citoyens de Paris de se tenir armés el prêls, mais de se tenir dans le plus profond silence, dans une allenle immobile jusqu'au moment où les représentanLs de la nation auront besoin de les mettre en mou vemenl pour le ma/11/ien de fordre public ou pour la défense de la patrie. " C'étail concentrer aux mains de l'As:;cmblée toute la direclion des événements. C'était jeter le soupçon sur ceux qui tenteraient d'animer le peuple Jusqu'au renversement de la monarchie. C'élail proclamer que la conduite du monde nouveau appartenait à l'élite propriétaire considérée seule comme pensante. Rev.bcll essaya en vain de répliquer: il fut interrompu dès le premier mot: el il est à noter que ni Pelion, ni Robespierre, ni aucundes démo-

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