706 HISTOIRE SOCIALISTE des dangers plus alarmants; redoublez de zèle pour veiller sur le château des Tuileries el empêcher que la famille royale ne prenne la fuite. • Enfin, par une co!ncidence vraiment dramatique eLqui dut donner à ce numéro du Journal de ~larat une puissance extraordinaire sur le peuple, voici ce que disait Marat dans le numéro du 2l. juin, c'est-à-dire le malin même où Paris apprenail que les Tuileries étaient vides et que le roi était parti pendant la nuit. - • La fusée prèle à se démêler. • En attendant, l'Ami du peuple, dont le devoir est de réveiller éternellement le peuple de sa fatale léthargie et de lui mettre le feu sous le ventre pour l'empêcher de périr, ne cessera de crier que Jamais les dangers n·oot été plus iminents, et que nous louchons au moment d'une explosion terrible. Tout est prêt. L'empereur est à Bruxelles le :!6, où doivent se trouver le roi de Suède, plusieurs princes des cercles de l'Empire, et les deux Capel, chefs des con,pirateurs fugilifs. On parle aussi de la présence de Louis XVI dans le conciliabule de ces brigands couronnés. La famille royale n'attend pour wendre la fuite, q11ede voir le peuple mdormi. Amis de la patrie, souvenezvous que vous êtes voués au carnage, comme des moutons à la boucherie; souvenez-vous qu'ayant affaire à des ennemis implacables, le comble de la démence serait de ne pas les prévenir. Si le roi vous ichappe, dès l'insta11l de sa fuite, main /Jasseimmédiatement s11rtous les mpp<1tsco11n11sdu despotisme, à commencer par les tra/lres de l'Assemblée nationale, de l'état-major, de la municipalité, du département, du cl11bmonarchique, des sections,jusq11'a11..cmouchards de rancienne police, ils sont tous connus, que la race en soit an:antie à jamais. Le seul principe qui duit alors régler votre conduite, c·est quïl n'y a rim de sacré sous le soleil que le salut du peuple. • • Et pour que les mem/Jres pourris de la nation soient à la fois relra11cfuls des parties saines, qu'à la nouvelle de la fuque royale, chaque t:ille ferme ses portes et donne la 111orl à tous les conjurés a11tirévolutio1111aires. • Mais ce n'étaient pas seulement les avertissements répétés et terribles de ~larat qui auraient dO. tenir en éveil la municipalité de Paris et ia garde nationale. t.Jnaide de camp de Lafayelle, Gouvion, raconta à la Con,tituanlc, aussitôt après le départ du roi, que des avis pressants avaient été donnés depuis plusieurs jours sur les préparatifs de fuite de la famille royale. B1illy et Lafayelle s'étaient bornés à prendre acte de ces a\is, et il ne sembie vas qu'ils aient ordonné des précautions exceptionnelles. Pourquoi? Il est absurde de supposer avec Marat qu'ils étaient dans le complot. lluis d'auord, des rumeurs de fuite leur étaient ,i souvent parvenues que, !'ans doute, ils ne s'en inquiéLaieot 1,lussumsamment. Et, surtout, ils craignaient, en répandant l'alarme parmi le peuple par leur, précautions mêmes, de pro- \O 1uer et de jm,llfler les ra~semblements révolutionnaire,. lis redoutalenL •ans doute un renouvellement des scènes d'avril, et ils g-ardaienl pour eus le, avis alarmants ,1ui leur étaient transmis. Ainsi s'explique que la famille
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