Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

688 JIISTOinE SOCIALISTE contre une multitude trompée el qui croit agir en faveur des lois lorsqu'elle les enfreint. .liais il i111porte à 111 nation de prouver que je suis libre; rirnn'est si essentiel pour l'autorité des sanctions et des acceptations que j'ai données a t·os di'crels. Je persblc donc, pour ce puissant motif, dans mon projet de voyage à Saint-Cloud, et l'Assemblée nationale en sentira la nécessité. « JI ,,emble que pour soulever un peuple fidèle, et donlj'ai mérité l'amour par tout ce que j'ai Cait pour lui, on cherche à lui inspirer des doutes sur mes sentiments pour la Constitution. J'ai accepté et j'ai juré de maintenir cette Constitution, dont la Constitution civile fait partie, cl, j'en maintiens l'exécution de loul mon pouvoir. Je ne fais que renouveler ici l'expre,sion des >,Cntiments que j'ai souvent manifestés à l'Assemblée nationale et elle sait que mes inteulions el mes vœux n'ont d.autre but que le bonheur du peuple, el cc bonheur ne peut ré,uller que de l'observation des lois cl de l'obéissance à toutes les au lori lés légitimes el conslitulionnelles. • Au nom du Roi, le ministre des Affaires étrangères signifiait à toutes les cours étrangères que Louis X\'I acceptait librement el aimait la Constitution. Mai, en même temps Louis XVI les faisait avertir que ce n'était là qu'un jeu, cl qu'elles ne del'aienl pas s·y tromper. Le 22 avril, Persen en cnrnyanl au baron de Taube le discours de Louis XYI, lui écrit : « le roi ne doit plus s·oppo,er à rien, mais au contraire, céder à tout, tout faire ce qu'on lui demandera, afin de mieux prouver qu'il n'est pas libre el de les endormir sur les véritables projets au\quels il lient plus que jamais cl à l'exéculion desquels il faut loul sacrifier, quelque pénible que cela puisse être ..... et le roi (de Suède) ne doit pas être surpris de loul ce qu'il pourrait dire ou faire; c·esl toujours une suite de non liberté. Leurs :\lajeslés iront dimanche à la paroisse à la messe, el pour peu qu'on le désire, elles se confes~eronl el feront leurs pâques de la main d'un prêtre qui aurait fait le serment•· Les agents du Roi au dehors essayèrent de tirer parti des événements du 18 avril pour émouvoir les souverain;; de l'Europe, pour les effrayer sur leur propre danger el pour brusquer leur intervention. Le baron de Breteuil fait remcllre à l'empereur Léopold, alors à Florence, un mémoire très pressant, le 3 mai : < Les nouveaux allenlals auxquels les factieux viennent de se porter, en empêchant le Roi de sortir des Tuileries, ne peU\·enl qu'ajouter au désir qu'ont Leurs Majestés de se tirer de caplivilé. L'indignation publique en facilitera les moyens, cl l'Europe sera forcée d'applaudir aux efforts de !'Empereur pour sauver les Jours de la Reine. « Les ennemis de Loule royauté n'entassent crime sur crime que parce qu'ils croient à leur impunité; leurs attentats onl marché avec progression; el bien certainement Leurs lllajestés sont plus en danger ici si l'on n'agit pas que si lïnlenlion de les secourir se manifeste. • • L'Empereur, comme le plus autorisé à punir les insultes faites à la f!Ile des Césars (Marie-Anloinelle, qui était une Habsbourg) est le seul souverain

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