IIIS'l'Olf\E SOCL\LIS'l'E GO! :-lous pouvons, quoique d'une façon bien incomplète, suivre ces o,cill,1tions dans la correspondance el les noles du corole de Fersen. Ce jeune orficier suédois avait été, avant la Révolution, présenté à la Cour et sa be:rnlé avail produit sur )larie-Antoincttr une vive impression. Le comte de Creutz écrilit le 10 awil 177\l une dép~th() secrète à son umilre G11,ta1e lll, roi ile Suède, où il disait : « Je dois confier à Votre Majeslé que le jeune comte de Fersen a élé si bien vu de la reine que cela a donné de, ombrages à p!u,ienr, personnes. J"avoue que je ne puis m'emp~chcr ,le croire qu'elle avail du penchant pour lui; j'en ai vu des indices lrop sQrs pour en douler. Le jeune comte de Ferôen a eu dans celte occasion nue conrluilc admirable par sa modestie et par sa ré,erve, el surloul par le p·irli qu'il a pris d"aller en .\rnérique. • En s'éloignant, il écartait tou, lrs dangers; mais il fnllail é\"idrmm•nl une fermeté au-dessu, de son âge pou:· surmonter celle séduction. La reine ne pouvait pas le quiller des yeux les derniers jours; en le regardant ils élaienl remplis de htrmes. • Je supplie Y. )1. d'en garrlcr le secrel pour elle el pour le s&naleur Fersen. Lorsqu'on ,ut le Mparl du comte, Lous les favoris en furent enchantés. Li duchesse clr•Fitz-J ,mes lui dit: Q11oi. 1 .llonsiNll", i·ou1 abm,do1111e; ain.,i rotre c011q11,:1e? - Si j'en avai, (11il 1111Pjr, 11el'aba111lon11Prapisrii, répondit-il; je pars libre, et »111!!,eureu,emml sa11slr!i«n de regrrts. - V. M. avouera que celle r/>pon,e &l:til d'une sagesse el d'une prudence au- Î dessus de son age.• ,Papiers de Cuslarn Ill, arcl!il'e, cl'lJpsal). De loin en Join Fersen revint en France, comme officier des régiments suédois qui y ré,idaienl. Il éluil en garnison à Valencitrnnes à la fip de l'année ii:,0 quand le rui de Suède Gusla,e Ill le chargea d'aller à Paris, d'y rester auprès du roi de France, de lui remellre des lellres el d'élablir des communications Pntre les deux souverains. Gustave Jll qui se croyait le pahdin de la monarchie absolue en Europe voulail sun•eiller de près les événemenls de ~'rance. Curieuses sonl les nombreuses lettres écrites par ùe Fersen sur le mouvement de la 1\6\0lution; au 6 octobre, il était dans le cortège du Roi et de la Reine quand ib furent conduits à Paris; et sans doute la Reine revoyait avec un plaisir extrême l'homme. qu"elle avait aimé, qu'elle aimait peut-~lre encore et qui étail mis chc1alercôquement à son service par un roi ami. Le comle de Fersen ne larda pas à ùeveair le confülenl le plus inlime du Roi el de la Reine. II l'annonce à son père, en février 1701, pat· une letlre très imporlanle, car elle donne une valeur exceptionnelle à Lous les reuseignemenls qui nous viennent de Fersen : • Ma posilion esl di!Térenle de celle de lout le monde. J'ai toujours élé traité avec bonté et distinction dans cc pays-ci par les ministres el par le Roi el la Reine. Volre répulation el vos services ont élé mon passeporl et ma recommanùalion; peul-être une con-
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