Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

IIISTilll\E SOCL\LISTE ,·ernt•r a,ec lcnuelè ùans le ,en:; ùe la H,holution el qu'ils alfaiblissaient le pomoir cxéculir pour fournir au Roi des pr~lexles à moùificr la Conslitulion. « r,,, 11ou,oir eii·culil' fait le mort pour faire croire que vous l'avez ùélruit •• s'i·rtü l.amdh. Cazah•,. ayec ,a brillante éloquence méridionale dcmonlra lïmpuis,ancc, le néant des ministres: il leur applic1ua le vers du 1'as,e : • fü allaient encore mais ils étaient mol'lS. • La ,érité e,L que ::,jeckcr, l'homme le plu, considérable du ministère, élail de,enu inutile depui,; que la Yenle des biens d'Eglise cl la création des assigaals avaient substitué de larges res- ~ources révolutionnaire:; aux pauvres conception, de finance où il s'épubail orgueilleusement. Plus quïnulile, il élail fasliuieu1 par ses avis stériles, ;iar se:; remontrance, ,·aine,, par les aigres conseil, de l'impuissance h 1ut1ine à la ,·ivante el agi»aule l\évolulion. Il partit, honni de tuu:; les cOlés, el relire dans sun rlumaine de la Suisse, il se lamenta sur un mode ridiculement shakespearien. Dan, ses mémoires il se compan• au roi Lear, abandonné par ses filles ingrate:; : :;a fille la Ré1·olulion le raillait et le chassait presque avec mépris. 0 nnilé humaine! La Hévolulion, fille de :-:ecker ! Au bruit mélancolique du vent dans les grands arbres de la montagne, il berçait ses ridicules pen,ées. Tous les autres ministres, à l'exception de Montmorin ménagé par la ganrhe, ,e retirèrent aus~i: Ne,kc•r a1ail Ho remplacé par L~mberl, pui, par Dele"arl. Fleurieu succéda à la Luzerne. Ouporl du Tertre prit te~ sceaut des mains de l'archevêque de Cicé : et du Portail, ancien ofUcier de la guerre d'Amérique prit, à la guerre, la place de la Tour-ùu-Pin. Ces choix, vaguement con,lilulionnels n·avaienl pas de signifie.ilion é ·latanle el forte : aucun ho1111ue,parmi les ministres n'avait assez ù'aulorile pour ùinger le !loi dans la ,·oie de la llérnlulion; el le Roi continua sa politique toute per.onnelle. Sa conscience reli:,;ieuse timorée el étroite était troublée par toutes les mesure, de l',\ssemblée contre l'h~li,e: son orgueil ùe roi souffrait beaucoup µlus que ne rnulait l'a,ouer son apparente bonhomie des rP,lriclions apportées à s011 pournir traditionnel. Enfin la suneillance inquiète du peuple l'irritait. La Heine moins dévote mais plus pa,,ionnémenl orgueilleuse, soutrrait cruellement de la vie diminuée cl r,•tiréc il laquelle elle était réduite : son àme ardente el active, dissipée ayant la Uévolulion dans les fêles el les intrigues, se contractait amèrement el rhe1cluil une i,,ue, une voie de salut, un moyen de liberté pleine et de re- \ï.111t·hP. f.Juel drame humain profond, si on pouvait suivre au Jour le jour, en celle année J;Ui, le va el vient, les incertitudes el les revirements de cc,; pen,i't-:; inq•1ièle,, dan~ la prison des Tuileries! De la reine au roi peu de sympathie · elle le trouvait faible el de médiocre conseil. Elle n'osall non plu, se coutler à la sœur du Roi, :Il•• Efüabclb : celle-ci Lenail pour la tac-

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