Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

048 IIIS'l'OlllE SOCL\ LISTE ils pr~tendirent en Loul cas que le Pape u·a,ait pas qualité pour Loucher au Lemporc!. ;,(otamme11t les deux évOqu,::sque le Pape a,ail pris perso nnellPmenl à partie, le cardinal Loménie, é,êque de Sens, ancien contr ôleur général des finances, el l'évêque d'Aulun, Talleyrand-Périgord ne se so umirent p,,s. L'évoque de Sens écrivit au Pape une lettre assez fière: • 'l'r ès-Sainl-Pèrc, j'ai prié le Nonce de Caire panenir à Yotre Sainteté mes premières re11résenLalions sur le Dref qu'elle m'a adressé el sur son étonnante publicité; mais je dois à mon honneur une dernière réponse el je m'en acquitte en remellanl à \'otre Sainteté la dignilé qu'elle avail bien voulu me confére r; les liens de la rrco11naissa11cene so111plus supporlabtcs pour Clwnnêle h omme i11jusleme11t outragé. • Qua11d l'c,lre Sainlelé a daigné m'admeure dans le Sacré Collèqr, je ne prévoyais pas que pour conserver cel lwnneur il fallul êlre infidèle aux lois de mon pays, el à cc que je crois devoir à l'autorité souveraine •· • Placé en Ire ces deux e~Lrémités de manquer à celle aulorilé ou de renoncer à la dignilé de Cardinal, je ne balance pas un momenl, el j'espère que \'otrc Sainteté juger,1 par celle conduite, mieu, que pa r d'inuliles cxplicalion~, que je mis loin de ce prétendu sacritè9r ct·un serment exté rieur, que 111011cœur 1t'a jamais dé.avo11é ce que ma bouc/te pru11011 çail,el q11esifai pu ne ,,a, ap1,,·u1wer luus les arliclrs de la Comlil111io11civile du cle1·9é, je 11'e11 ai pas 11wim loujours dl,: clans la ferme inlmlion de remplir l'en9ageme111 que j'avais con/raclé d'y t!lre sow11is, ne voyanl rien tla llS ce qu'elle m'ordu1111ede cu11lraire à la foi ou qui rilp1191ie à ma c1J11scie11ce •· "Je denais peul-Mre, Très-Saint-Père, répondre au, autres r eproches contenu, dans le Drer de Yotre Sainteté; car, si je ne lui apparl icns plus comme cardinal, je ne cesse pas commeh~que de lcnirau cbe!de l'Eglise el au père commun des fidèles: cl, sous ce rapport je serai toujours pr(:L à lui rendre r,1ison de ma conduite : mais le délai de sa réponse, les rxpre.<sion.sdans lesquelles elle C$1co11c11e,surluul të1i-a119eabus de conf iance que sun 11ti11is1tes'esl permis, m'impu,e111 silence. • Qu'il me soil seulement loisible de répéter à Votre Sainteté qu'on la trompe sur l'étal de la religion dans le ro)aume el que les voies de condescendance au1quelles je tâchais de ramener sonl imréricusemenl commandées par les circonstances, que son long ~ilence a peul-être ame né lrs affaires au dernirr point de crise, et que les moicns rigoureux auxque ls elle parall dé· te1minée ne peU\·enl que produire un effel contraire à son intention•· La fie1Lédu genlilhomme offensé parle ici plus haul que l'espri t d'obéis• rnncP du prêtre. Quant à 'falleyrand frappé de suspense ponr avoir consacré dPs curés ,elon le rite de la Constilution civile, il ne répond it que par le plllll dc,laigneux silence.

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