012 HISTOIRE SOCL\LISTE La Révolution mOrira soudain ce, germe~, complètera el arnpliOera ces ébauches, sans que le paysan soit, une minute, déconcerté : et les travailleurs des campagnes, même s'ils sont encore chrétiens et superstitieux, pourront opposer un argument immédiat aux manœuvres sournoi~es et violrntes de l'Eglise, alliée et servante de la propriété bourgeoise. Ce qui subsi,tera alor:; de foi ou d'habitude chrétienne pourra s'èlt'indre ain,i doucement, comme une Oamme sans nourriture, et leur libération économique ne coOtera pas aux paysans les terribles et inutiles souffrances des déchirements religieux. C'est à coup sOr à la reconnaissance pas,ionnée d'une partie des pay,1ns pour ses premiers bienfaits, quo la Révolution bourgeoise a dù le concours enthou,iaste de quelque, prêtres de campagnr : l'ardeur révolutionnaire de leur, « fidèles • s"était communiquée à eux. Ecoutez le \'éhément !ana-age du curé de Crosnes, Pierre-Guillaume Berlhou, ancien maire de la dil,. paroi-se, ruis électeur et admini,trateur du district de Corbeil. Avant de prêter sermrnt, le 30 janvier lï!ll, il parle ainsi : « Si les e111'antsd'une même patrie, les membres d'une même famille regardent comme uu jour de fêle celui où il;; ,ont invités à renou\'eler et a re,st·rn'r l'alliance protectrice de leur commune fülicilé, avec quelle tlélicieusc ilre,-e ce scnlimenl ne doil-il pa~ se répandre dans l'àme d'un prètre citoyen? • Vous savez, mes frères, el je 11'ai pas be.,oin de vous le dire, vo11.~ sat•P: 10111bie11 je clu'ris noire admirable Comt ilulion; vous connaissez mon application à en méditer la doctrine, el mon zèle à eu suivre les progrè,, et mo11courage a ,engcr ,es droits cl ma per,évérance à étendre ses conquète,; vou, a,ez été les témoins assidu, el de mes déplai;;irs, quand elle est menacte, el de ma joie, quand elle triomphe. Vous au: pu vous cunwiucrr qu'e{{e éta,I pour 1110/une seco11dereligion; parce que le Dieu créulew· dr la bie11fai.a111eLibert,', de ta do11œ éyalilé, de L'aimable fratemile, de la ju,tile u11iversellt·, ne 1111',·ilepas muim noire c11lle que l'auteur el te cottsommaleur di• noire foi. • ,111,;.,i dan, celle dernière ar1ressio11d'un sacerdoce ùu111ie1pour ses préro9a1iv~s encore plu., que pour ses au/Pl,, dans ce 1orre111de déclamaliom calu1,mieu.çes cu,11re ta nouvrUe oryw1i,alio11 que nos represe11ta11ls 0111 dé, ré1ée, dans celle rébellion des mi11fa1,·esde Ioules tes classes coutre la .uut•trainet,i 11atiu11alr,dans ces divurcPo fréquents el ,c1.111dale11xentre {PS pa>leurs el lew· troupeau, je sui:; bieu ,Or que vous n'avez ccss6 de me compter au nombre de, plus inlrcpidcs défeuseur, de la cho,e publique et de l'lncurruplilJie patriotisme. :\011, ,ous n'a,ez pas craint, un seul iustant, que l'alnli de la famille consenllt à déserler la maison commune, à trahir la confiance de se, frères, à flétrir les honneurs civiques de maire, d'électeur el. d'administrateur qu, lui a vaienl été décernés.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==