Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

llISTOillE SOCIA LIS'rE "i• Que nous sommes attachés à l'observation exacte de nos dernirs autant qu'à la conservation entière de nos droits: l'une est la cltm·te primitive et l'autre est IP décalo(/1tr rr11:rd. • 2- Que nous ne ~é,,a, ons point dans nos cœurs ce qui est inséparable dans l'empire français, la con~lilution monarchique ,Ic la constitution populaire, el qu'ap,·ès d'f'Xcellmtes lois le premier don du Ciel nous semble être un excellent monarque; Louis XYI n·a pas créé la Constitution, mais il semble avoir été créé pour elle. « 3° Que nous pla~ons au premier rang des vertus chrétiennes ceUc tolérance charilahlc, celle fraternité él'angélique, celle subordination rcligicu,e, '1\tablic par le fondateur du christianisme, prêchée par les apôtres de la foi, renversée par d'amhilieux ronlife, et rétablie enlln par nos législateurs, qui ont retrouvé la religion quand on ia croyait pcrtluc; " 1° Que nom sommes également ré,olus à payer cl à faire payer les contributions impo~ées par la loi, et réparties par la justice, comme une delle religieu~e, comme un contrat civique, comme un patrimoine national; «5° Que nous favoriserons de toutes no, forces, ainsi que de toute notre docilité, la circulation des blés, non moins indi,pensablc au monde que la circulation des air, el la circulation des flcu1cs; •6• Que nou; respecleron, les propriélé,ju,que dans le, débris féodaux; que nou~ serons soumi,; à la magistrature, autant qu'indèpendants d'une ,aine noule,se, el que désormais nous regarderons l'hon,me inutile comme le seul etre ignoble, et l'homme bienfaisant comme le seul noble réel; • î' El enfin que nüus ne quitterons jamais nos armes, nos instruments de liberté, pas plus que ceux de la culture; mais que nous ne les tournerons jamai, contre la patrie, jamais contre la loi, jamais contre l'ordre public. :-ious voulons constrver la liberté des hommes el 0011 pa, imiter la liberté des tigres el celle des brigands. "Nous déposons dans votre sein, Messieurs, le srrmenlde nos cœurs; nous avons applaudi vos sentiments; daignez approuYer les nôtres•· Bien suggestives sont ces dén,arches, ces paroles du cler.eé ré,olutionnairP. Les prNres, dans plusieurs campagnes subissaient évidemment l'enlralnement g,'néral. Comme11l auraient-ils pu persuader à leurs fidèles que la Ré,olution était diabolique du moment où par l'abolition ùes dimes el des plus humiliants des droits féodaux, par l'aho:ilion clrs impôts adieu, comme la gabelle, el du droit exclusif dechasse du noble, elle améliorait et relevait la conJilion du pay,an? Le prêtre pou,·ait-il dire à ces pay,ans que la llévululion qui était son amie était l'ennemie de Dieu? li élail ainsi conduit i, chercher lui-même la concilia1ion de son antique foi et du granù moun•m,•nt populaire. Ainsi. bien que la Révolution procéùàt à la fois d'une croissance économi-

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