Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

636 IIISTOlRE SOCIALISTE Le mou\'ernenl fut ù'abord très mèlé el très incertain. Il est difficile, faute de documenis authentiques, de savoir quelle fut la proportion exacte des jureurs el des non jureurs, des assermentés el des insermentés. A Paris, il semble bien que la moitié au moins des prêtres ail prêté le serment: et presque partout, surtout dans les campagnes, la proportion fut plus élevée. El non seulement, un grand nombre de prêtres acceptaient la Constitution ch ile el assuraient la continuation du culle dans les conditions fixées par l'Assemblée: mais ces prOlres constitutionnels faisaient, à l'exemple de Grégoire, un véhément elforl pour ramener à eux les • réfractaires ». Eux-mêmes lâchaient de donner à leur serment le plus de retentissement et d'éclat. Après l'avoir prononcé devant l'assemblée électorale, ils désiraient sou- ,·enl qu·a,is en fùl donné à l'Assemblée nationale elle-même. Des chanoines du chapitre de Paris ayant attaqué la Constitution civile, beaucoup de leurs confrères adressèrent immédiatement une protestation à la Constituante, le 7 janvier 1791: « Nous sou-signés, prêtres, diacres. sous-diacres, ci-del'ant bénéficiers de l'Egli~e métropolitaine de Paris, sous les titres de chanoines de Saint-Denis-du-Pas, de Sainl-Jean-le-f\ond el vicaires de Saint-Aignan, de plus les musiciens clercs de celte église, après avoir pris connaissance <l'une protestation des ci-devant chanoines el chapitres, el, en outre, d"une èéclaration par eux faite aux officiers municipaux de celte ville, lors de l'apposition des scellés sur les effets mobiliers de ladite église: désirant autant qu'il est en nous demeurer fidèles au serment ciyique que nous avons prêté avec tous le, Français, montrer de la manière la plus solennelle notre entière soumission aux lois décrétées par l'Assemblée nalionale, acceptées par le roi, el spéciakmenl à la constitution cil ile du clergé, déclarons désavouer authenliyuemenl toutes protestations ou déclarations réelles ou supposées, secrètes ou I uhliques sous le nom de Chapitre de Paris; reconnaissons que l'Assemblce nationale a eu le Lon droiL de décréter, el le roi de sanctionner el faire exécuter comme loi obligatoire pour tout ecclésiastique citoyen, ladite constitution civile du clergé de ~'rance; que nous sommes disposés à prononcer le serment exigé des fonctionnaires ecclésiastiques de la nation sans y l\lre portés par d'autres motifs que ceux de la conscience, de la raison, de la justice el de l'amour de la patrie: en foi de quoi nous avons signé la présente déclaration: "Fera y, prêtre, ci-devant chanoine de Saint-Denis du Pas; Larsonnier, prêtre, ci-devant premier vicaire de Saint-Aignan; Damaz, prêtre, ci-devant chanoine de Sainl-Jean-le-f\011d; Merlin, diacre, ci-devant chanoine de SainlDenis-du-Pas; Bauweur, musicien; Devillicer, clerc; Pinard, clerc; Goutte, sous-diacre, ci-devant chanoine de Saint-Jean-le-Rond; Messier, clerc de matines; Duncon, diacre, ci-devant chanoine de Saint-Jean-le-Rond; Cornu, clerc; !forez, clerc •·

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==