5'i IIISTOIIlE SOCIALISTE qui, uue fois fortune raite, renlraienl dans leur par, el ror dr Bordeaux se pPrdiiil au loin; mais au xnn• siècle, c·esl Bordt'a11x même qui e,L le CPnlre de la for lu ne comme il esl le centre des a!Taires : l'or ne s'échappe ,,lus. Les gr:111drsmaisons de commerce 1irennenl des proportions sur-prenantes, el on vnil ,les hornm,·s comme Bonnafc l'lleureux, qui, arri\"é simple commis en r; 'ill, po>s'de, en JîOl, une flotte de 30 navires el une fortune de 16 millions de lhres. Celle hourgroi-ie éblouissante ne ,c heurtait pus il un prolélarial hostile. ~,_,mhn'u, Ctaient les ouvriers: ou, ri ers des construclion~ navale~, des verreries, des faïenceries, des distilleries, des raffineries, des corderies, des clouteries, des lonne,leries. En Jî89, 011complr 500 OUl'riers rien que dans les raffineries. ~lais c'était surtout dans les vastes combinaisons du négoce que le, llordelais avaient trouvé leur fortune, el ils n·,l\aienl pas eu besoin de soumettre les OU\riers à une e,ploilalion particulièrPmPnl dure. Sans doule mème, sans que j"aie pu me procurer à c,•l clfèl des documents précis, la grande et soudaine arti,ilé des chantiers dans la deu\i1'111e partie du xrm• sit•cle al'aitelle permis aux ouvriers d"éle,er leurs r,ig,•nccs et I, urs rnlaires; ilsétaien\ e1nployé~,ct·ailleur~, il d,·s travaux di ficilc:;qui r~igeaient <lesconnais..ances techniques el une grande haltilclé. Parlo11l les ouvl'Ïnrs des faïcnc,•rie,, ùcs ,•erreries, onl un salaire supérieur à celui des autres corporations. Il est donc probable que la classe OU\ri ère bordelaise (si loulc!'ois ce mol de classe n"est pa,; ici très prématuré) voyait san;; colère cl sans envie la magnifi 1ue croissance de la bourg!'oi-ie marchaude, q11ie1111tclli-sailla cilé. D'aillenrs, malgré le caractère oli;rnrclti1p1c de son corps municipal qai se rccmtaiL lui-même parmi les notables cl principau, Lourgeois, il ne semble pas que la gestion des inléréls de Dordeaux ail élé trop égoïste ou trop mahulroile. Pendant qu"à Lyon par exemple la delle s'élevait à 32 million,, à B.Jrdeaux au moment de la Révol11li<lnelle n'ùlail que de 4 millions. Le budget municipal qui était de 19,10 mille francs était alimenté, jusqu"à concurreuce de 000 000 rrancs pa,· la ferme de l'oclroi, cl c"élaiL une charge lrès lourde pour la population ouvrière: mais aussi plus de six cent mille livres élaienl demandée, aux trois sou~ par livre prélevés ,ur lo11lc mari·handisc entrant au porl de Bordeaux ; et ccL impôl ne pesait pas sur la population. Ainsi rnlrc la haute bourgroisic hordcl:iisf' el I • prolétari.,t, il n·y avait pasùeco11flit aig11: el la bour~eoi-icde Bordeaux aura Loule salihcrlé ll"espril pour comliatlre l'ancien régime. Elle pourra fr.1pper h's prôlrcs, les noblt·s, le roi, sans avoir à se préoccuper série11scme11l, à Bordeau, méme, d'un mo11vemcnl prol<'Larien: Dordcaux re,tera lldèlc aux Giron,lins jusqu"au 31 mai. A ~larscille, pendant le dix-srplième el le dix-huitième siècle, 111ême pro;:rc,-ion des a!Taircs eldc la ri,·hessc qu"à 13or,leaux. Depuis que L•,uis XIV, en 166U, y él,it entré par la br~che el que les cuusuls av.tient dû remctlre
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