GOZ IJIS'l'OIRE SOCIALISTE déterminé par la Révolution. 11 y avait eu à la suile de la mauvaise récolle de 1i80, exode de numéraire. li n'avait pu rentrer encore: el ainsi, c·est avec un numéraire appauvri que la ,ociélé nouvelle tlevait faire face aux entreprises audacieuses, aux transactions que l'exubérance même de la vie mullipliail. Plusieur;; villes manufacturières, notamment Lyon, avaient créé des billets cte confiance. c·otaienl de tout petits coupons portant la signature d"une association privée et échangeables contre de~ assignats. Il était suvpl~é par là à la rareté du numéraire et aussi à lïnsulfisante subdivision des assignats. Ce mécani,me fonctionnait parfaitement, el les billets de confiance ne subirent aurune dépréciation : ce qui indique la puissance de crédit des associations dï11dustricls qui les avaient mis en circulation. Il y là encore un signe de prospérité et de vilalité économique. Au demeurant, à en juger par des relevés contemporains, assez incertains il esl vrai, le commerce extérieur de la France s·étail beaucoup dévelo1ipé de 1789 à 1î92. Il aurait atteint en 1792, 1732 n,illions de franc,, 029 à }"importation, 803 à l'exportation. C'est-à-dire plus de six cents millions de plu, au total qu'en 1î89. Il csl vrai qu'il est malaisé de ùiscerner si la dépréciation assez marquée déjà des assignats en 1792 ne force pas le prix apparent des marchandises importées el exportées. Pourtant il parait bien qu'il y eut un accroissement not,ble de l'activité des échanges. Sybel lui-même qui assombrit assez volontiers les couleurs, reconnait que dans les premières années de la création des assignats, leur dépréciation eut plutôt pour effet d'encour,1ger les exportations : la différence en.tre la valeur de l'or et la valeur de l'assignat constituait une prime pour nos exportateurs qui, ven1lant sur le mar~hé étranger, étaient payés en or et pouvaient ensuite convertir cel or en assignat~ avec bénéfice. Je ne puis citer en entier, mais je signale l'important rapport soumis à la Convention le 20 décembre 1792 par le ministre de l'intérieur, sur le co.umerce e\lérieur du premier semestre de 1792. L'activité qu'il signala pour celle période n'a pas évidemment surgi en un jour: elle était prépa~ee paitout l'effort de l'année iî91, comme le confirme d'ailleurs l'intéressant passage de Rœderer que j'ai cité. Le ministre dit dans son rapport : « Le montant de nos ,•entes à l'étranger s'élève, pour le premier semestre, à 382 millions; et afin de mieux fixer l'opinion j'ajouterai qu'année moyenne elles ne s'élevaient qu'à 337 millions, ce qui présente 25 millions d'excédent pour un semeslre sur la somm«yJe commerce d'une année. • Et il arfirme que ce n'est pas à un relèvement factice des prix, mais à un accroissement réel des quantités exportées qu'est dû cel excédent. Ainsi pour les vins il y a eu des expéditions plus importantes : « Nos toileries, ajoute-t-il, se sont soutenues sur les marcliés extél'ieurs. Les batistes, dentelles, draperie,,
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