594 lllSTOillE SOClALIC:T • du bourgeois" comme d'un autre privilégié, aussi pesant au peuple qu,e le nohle. )lai, dans les cahiers cles villes el dans le lang-a<rem!:me de la cla,sr ouvrière, un bourgeois, en 1789, était un révolutionnaire, un ennemi des nobles el de la cour. Bourgeois s'opposait à noble: maintenant bourg-eois commence à s'opposer à ouwier, à prolétaire. Quel malheur immense que cet instinct de c1a,se nais,anl, si fragile encore el si faible, n'ait pu se fortifier el s'éclairer dès cette époque el à travers tout le siècle, par la pratique continue de la liberté ! Enfin ~larat, le 5 septembre iï91, à un moment où il se croyait près de renoncer au journalisme, dé\'eloppe un plan de réforme agraire. Il consiste d'abord, comme je l'ai indiqué, à organiser légalement l'échange obligatoire des parcelles de terre, à économiser les perles de temps, les frais inutiles. « Mai,, pour réunir les terres morcelées cl éparpillées qui sont néces,aires à l'établi,semeot des culli\'ateurs au milieu de leur champ, élahlissernent si essentiel au bien général et particulier, il faut commencer par écarter un fantôme que l'égoïsme décore du nom rte lib•rté. li y a si longtemps qu'on abuse de ce mol, tour à tour confondu avec le caprice et la licence, qu'il importe de le définir une bonne fois pour toutes. Faire ce qu'on peut, c'est u,er de la liberté naturelle; faire ce qu'on veut, c'est abuser du despoli-me; faire ce qui nuit aux autres, c'est donner dans la licence; faire ce qu'on doit, c·e,l user de la liberté civile, seule convenable dans l'ordre social. Or, c'rsl la loi qui fi,:ce le devoir de l'homme en société. Le grand but de notre association politique est le bonheur commun auquel tout citoyen est intéressé à concourir. • « Pourquoi cela? Parce que l'étal social e1ige que chaque individu sacrifie une porlic.n de son intérêt à l'intérêt général, sacrifice pour lequel il reroit en échange la protection de la force publique, la !Jaranlie de sa propriété el l'assurance de sa sûreté personnelle. Ainsi,. de l'observ~tion des lois dépend la conservation de ce que l'homme a de plus cher au monde: de sa propriété, de son repos el de SJ vie. » « Voilà les principes: voici leur application au cas dont il s'agit. • « En Angleterre, où l'on connait mieux la vraie liberté que partout ailleurs, on a bien senti que pour eliecluer la réunion des terres par la rnie des échanges, il n'était pas possible de laisser le champ libre aux caprices de particuliers. On a donc été obligé d'ordonner ces échanges respectifs el d'en déterminer la forme par la loi. Celle réunion appelée The compact s·esl établie successivement depuis cinquante ans dans les dilîérenles pro,inces par des actes du Parlement, qui prescrivent entre les propriétaires celte sorte d'échanges qu'on voit souvent ici les gros fermiers raire entre eux pendant le cours de leurs baux, pour la commodité de leurs labours: ce qui, sans olirir aucun des avantages d'un arrangement durable, soit pour la clôture, soit pour une amélioration suivie, ne sert bien souvent qu'à occasionner beau-
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