lIIS'l'OIRE SOCIALISTE 583 « Voici les noms de quelques mouchards gorgés d'or et comblés d'égards, de caresses, d'honneurs par l'administration, sans doute dans l'espoir qu'ils réussiront enfin à consommer leurs éternels complots. Le contrôleur des travaux publics de Montmarlre, chevalier de Saint-Louis el ancien mourhard de robe courte; les nommé, de Jaillan, le Roi, Yiel, De,jardin, Thomas, Tinlrelin, Valière, lmbrant, mouchards en chef, sou, le nom rie vérificateurs, ayant i,800 livres d"appointements, sans parler cl,• gratification pour noter el renvoyer les ouvriers patriotes el les remplacer par ries brigands. Ce titre de vérificateur n'est qu'un mot, comme vous le concevez bien, pour colorer les odieuses fonctions de ces coquins et sucer le sang des malhrureux, car les commissaires de sections font i;raluilement l'office de vérificateurs. » • Je vous ferai p,1sser sous quelques jours la liste des mouchards, piqueurs el chefs d"aleliers, tous à la dévotion rle l'administration traitresse. » El )hral, à demi ve.,é, à demi flatté, répondait : • Si vous aviez pris la peine ùe lire ma fcnille avec allenlion, vous auriez rn que les épithètes dont vous vous plaignez ne tombent que sur les mouchards, coupe-jarrets el brigands que Motlié a fait venir de province à Paris, el que Bailly a placés dans Jet ateliers au préjudice des citoyens honnêtes. Comment a,·ez-vous pu imaginer que j'insultais ces infortunés, moi qui me suis fait anathème en prenant leur défen,e et en plaidant leur cause? Je n'ai jamais pensé que les ot11riers qui sonl aux ateliers de secours em,enl tous été gagné,, mais j'ai déploré qu'il y eût parmi eux lanl de coquins soudoyés par l'administration traitresse pour égorger les patriotes quand le moment sera venu. C'e,t précisément ce que vous ùlles vous-même. :'-lousvoilà donc d'accord. Permettez que je vous prie de détromper vos camarades qui auraient pris le chang~ comme l'OUS, en lisant ma feuille que je vous demande la liste de tous les espions qui sont à la lêle ùes ateliers » ... A travers tout ce manège de brouilles et de raccommodements, il est é1ideut que la grande majorité ùes ouvriers des ateliers résista.il, à celle date, aux impubions de Marat. Il est li1ident aussi que Maral espérait les entrainer en les animant contre les surveillants, contre les chers .. \lais ce n'est pas contre la bourgeobie comme classe, ce n'est p~s contre la propriété bonrgeobe que Marat vouùrail les enrôler: c·e.,l seulement contre la Cour el contre l'administration municipale qu'il hall el qu'il accuse de trahison. Essai timide cl nécessairement contradictoire encore ùe la politique des classes. Mais il y a toujours des faiseurs d'affaires pour e,ploiler Ioules les passiQJJs, toutes les idées des partis. li )' en avait beaucoup à Paris, à ce moment; le bouleversement du vieux système féodal, l'énorme expropriation de la propriété cléricale urbaine, donnaient un grand essor au, esprits aventureux, aux chercheurs de forlllDe, Plusieurs se dirent que Marat, puisqu'il haîssait à ce point la municipalité parisienne, puisqu'il redoutait à ce point les ateliers de secours sur lesquels elle avait la haute main, serait favorable à de grandes entreprises
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