Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

lllS'fOIRE SOCIALIST 1, fini de l'induslrie el comme la suppression du salarial esl un des conlre-sens hi,:oriq'les les plus décidés. 1,ljamais • le prophète• ne ful 1>luscruellement en drf,ul. Mais comment la polilique ouvrière el prolétarienne de ~laral aurait-rlle pu avoir consistance, puisque lui-même ne pressenlail pas l'extensio11 prochaine du prolétarial? Bien Ivin de prévoir que le régime de la coucurrence illimitée transfor~ mera beaucoup de petits patrons, de petits producteurs indépendants en prolétaires, il s'imagine (el avec terreur) que tous les prolétaires vont être transformés en maitres, en patrons. Marat aimail peu les ateliers publics où la municipalité employait les ouvriers sans ouvrage. Comme il détcslail la municipalité, qui nommait les chefs el surveillants de travaux, tout le système lui élail suspecl. De plus il prétendait que les ouvriers ainsi embrigadés, recrutés dans toutes les régions de la France, sans lien entre eux el sans esprit public, étaient des instruments aux mains des intrigants de la Cour. Il croit même avoir découvrrl le 7 avril 1ï91 un grand complot du Club monarchique qui aurait eu pour agents d'exéculion les ouvriers des ateliers publics. • Leui- derniè,·e trame qui vient d'être dévoilée, consistait à animer le peuple contre le peuplt et à faire égorge,-les amis de la liberté par les maim mèmcs des pauvres quïls nourrissent. Cel borrihle complot avait été préparé à loisir. « Depuis longtemps, les mini,;tres et leur. agenlsdans les provinces avaient attiré dans la capitale une foute d'indigents, le rebut de t'at'lnée et l'écumr de Ioules les villes du ,·oyawne. Bailly en avait rempli les ateliers dont il avait repoussé les citoyens que la révolution avait réduits à la misère, el qu'elle laissait sans pain: il avait donné !"administration de ces ateliers à de, municipaux, comme lui vendus à la Cour, et la direction des travaux à des agents de l'ancienne police, chargés de gagner Lous les ouvriers el de renvoyer ceux sur lesquels on ne pouvait compter. • Une roule de mouchards, répandus parmi eux, ne tarissaient pas sur les éloges du roi, de la reine, de Bailly, de Moltié (Lafayette) el des principaux conspirateurs; ils présentaient Loul ami de la liberlô comme un rebelle, el notaient ceux qui ne se laissaient pas égarer. Pour mieux les en,loclriner, une mullilude de gardes du corps n'avaient pas rougi de se mettre à la tête des ateliers et des bandes d'ouvriers en qualité de piqueurs; lundis qu'une foule d'autres gens sans cesse à la découverte des hommes adroits el délerminés les attiraient dans le complol et leur remellaienl de grosses sommes pour raire de nouvelles recrues. » Celte mauvaise humeur de ~larat contre les ateliers publics de Paris témoigne qu'à ce momenl sa campagne violente contre l'Assemblée nationale qu'il accusait de pactiser avec la Cour ne portail pas. La classe ouvrière, troublée parfois par la peur des complots conlre-révolutionnaires que Marat signalait sans cesse, émue aussi des cris de pi lié sincère que lui arracbail sa

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