Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

HISTOIRE SOCIALISTE 561 que la France prétende légiférer souverainemenl sur l'étal des personnes dans les Iles: si les droits de l'homme exigent que l'homme de couleur ail les mêmes droils politiques que le blanc, s'ils exigent que l'esclave soit a(Tranchi, lês droits de l'homme ne compteront pas pour les colonies: car les colons n'en• tendent pas être ruinés, el il n'y a pas de droit contre le droit à la vie. Ils ne se bornaient pas à celte lhèse audacieuse. Ils s'organisaient. Nous avons déjà vu la fondalion de l'hôlel Massiac. Mais· de plus, défense était faite à tou$ les colons de ramener aux Anlilles les esclaves qu'ils al'aient amenés en \ Il,' Mor, LIBR.R AUSSI. (D'après une estampe du Mu~ Carua-ralet.) France : car ils porteraienl dans les Iles des semences perverses. Et il y avait des sanctions terribles contre les colons imprudents ou généreux qui manquaient à celle règle: ils élaienl mis au ban de la société coloniale: et comme l'un d'eux était suspecl de vouloir acrrancbir ses esclaves, ses bàli• menls ruraux, sa demeure mème ne tardèrent pas à flamber. Enmême temps les colons se donnaient spontanément, el sans attendre la loi de l'Assemblée, une constitution à leur mesure. Nous verrons plus tard que ce qui caractérisa la Vendée, ce fut un prodigieux esprit d'égoïsme et de localilé. Les Vendéens voulurent s'approprier tous les bienfaits de la Révolution el en rejeter les charges : ils voulurent l'adapter à l'étroitesse des intérêts locaux el parlicu• liers. UV, 71, - BISTOJRESOCIALlST& Ll\ 1 7f.

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