I 5-10 lllSTOllH: SUCJ..\LlS'l'E el i11t!'!P'(ihl,•, à tout l'unirnrs : « ~101-tds, apprrnrz <lu Sauwur cleshommes à être tlo11, cl humules de cœur. Vous èle; sur la terre en société avec Dieu et an1c le:--h1mmes; a,lorez volrc Créateur el traitez-vous en frères; aimez• ,oth le, uns les autres : cl c'est ainsi que vous accomplirez la loi de JésusChrisl. Que l,•s 1>lusparfails soutrrcnl al'CC patience les imparfaits. Ne faites point àaulrui cc que vous ne voudriez pas qu·on vous fil. C'rst aussi lr premirr principr de l'équité naturPlle, la loi q,;nérale, si évidrnte qur nous n·ai-ons pas besoin d'alln· au.c t·oix pour la faire ctece1,ter de tout le monde. Lr cri w1a11ùne de la nature la publie partout. Tel est. )lc,sieurs, notre E,angilc : nous ferons en Lenclrela raison supr~me comnw la directrice de nos mœurs; si YOusl'écoulez allenlivement, il n'y aura plus q11eclr la sincérité clans le commerce de la parole, de la fi<lélilé dans les prO!lll'S>C,,de la honnc :,,i dans les conventions, cle la modestie dans les sentiments, de la modt'rclion dans les procédés, une amitié cordiale el univ,•rselle pour Lous les homme, '"·ec qui nous avons à livre en nous considérant Lous co1,1111e l s citoyms d'une mt'111rville, commt> les enfqnts d'un ,nr'me père, co1,111,eles membres 1t11n111/mrCOl'/JSd, ont la fin essrntir!lr est de conco11rir tous ensemble à lew· conservation ,·édproque. Qw,l/e murale! En fut-il jam"is de 1,lus sublime? » Ai11sile lien ci\il qui unit les citoyens ù'u11e 1m'me ci Léa, pom le prédica - Leur, au moins la mème force morale que le lien religieu, q11i unit • les enfa11ts d'un même père•· Ainsi les fins surnaturelles et my,lérieu,e, de salut indi1iduel <Jue le christianisme proposait au, hommes s'elîa~enl pour ne laisser apparaitre que la lin terrestre el sociale de la « conservation réciproque •· El c'est là, selon le prêlrc, le plus suhlime objrl de la morale. On dirait quïl jusliûe rE,angile p·,r sa conformité ,11ec l'esprit de la flévolulion. C'est donc Cl'lle-ci qui del'ient la Yérilahlc mesure du vrai, le véritable Évangile. Il y a là éviclcmmenl un sourd travail d'adultération el de dècompo,;ilion de l'esprit chr•lic•n: en acceplanl une i11tervenlion si éclalante de la pui,;ance ci,ilP et popnhirc dans sa propre institution, le prêtre a"ccptail par là n1t'me une intervention secrète de la pensée lai 1uc et du r,lionalismc jus 1uc d,ui:; le dogme. D,·va11l ce peuple révolutionnaire dont son autorité sacerdotale émanait, il cherchait naturellement, incunscicn{ment, les pen,ée:; qui le rapprochaient de lui et comme, au fond, ce peuple n'a1·ait que de, hauiludes chrétiennes mais une pensée révolutionnaire el humaine, c'est à un compromis étrange que le pr<:Lrcal;oulissail. Je ne dis pas que celle mi\ture inlellecluellc de chri,lianisme et de rationalisme soit uien attrayante, cl c'est un composé philosophique t,·ès médiocre et très i11,Lahlc. )lais le peuple avait élé tenu dan, rignor,rnce el dans la dépendan,·e chrétienne aussi l.Jien par le dédain des philosophes que par l'esprit de domination de l'Eglise: el même en entrant en Révolution il ne pouvait
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