Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

• IIISTUI I\E ~OCIALl~TE rilud •? Elle ne représentait plus rien dans l'ordre de la ()l'tloée: elle élait la négation de la ,cicnce, le scandale de la rai,.,n, la mou,trucuse ,un ivance Ju dùgm•1 sur,rnué. Le po11rn1r spirituel du xvm• siècle, c'était la scie11cecl la pbilo-uphie : c'61ail :'icwtuu, IJuffon et Hume. C'était la Con,tiluanle clle-m,'mc, 11uand elle rbumail ,Jans la Dédar.11ion des Droits de l'homme tout l'cfforl 11,•la pen,éc libre. Que les po,ililiste,, à la suite d'Au~u,tc <.:omt,•,r,•pru h,•nl aux <.:on,liluants cl à la l\holulion tl"avoir fait de la« mét1phy,iqu,) • rn proclamant le, Droit, de l'homm,'. qu'il, r,•prochcnl à la Révolution c1·a11,ir,d'a- ,ancc, manq111•d'égard, .iu con.Li,mr parce, hautaine, affirmation, qui furent le rt•ssorl tic, ,ul,,nté, ! à l,1 bonne heure : et on ,ait a,,ez le parti que peul tirer la itaclion ùe ce déni;:rl'menl de la Révululion par de prélcnùus e,prits librts. ~tais du moins, qu'ils ne g,·mi-,cnt pas à propos de la Constitution civile du clergé, s.ir lïnili,crNt• intcr\'cnlion de la Co11,lit11antc dans la mardie du • po111oir spidlurl •· L (:~lise était 1·11fait, une µui-sance cnurme, ho-tile µar tonlC':;ses lMthli01b 1 ltfu ... ,f~ principe,, Lous ~c~ inll'rêl..;, à J'orùrc 110,ncau de liberté cl de raison que la nr,·olu1ion voulait fon<ler. La Con-tituanle a c,,ayé, tant hien que m,1', et ,ans heurter tr,>Jl violemment ct·lle puis-ance n•cloulahlt' (l le, µr1·jui:,··s qui la prull'!:t>lienl, de la faire pa,ser sou, la di,ciplinc rt',olulinnnaire. LJilcs qu cllr a mal c ,kult· ,on effort, qu'elle a t'lé trop timorée ou trop h'll'tlie, quïl val.iil miru, ro111prc d'Pmbltie : rela ,e discute, mais de irn,re (•p,1r:.,n,•t-11on,,;, propos 11,· telle Église ;:ans idée•, la théorie• ( u rournir ,piril,1d •· L J ,ur uù l'l:1,,l rompra avec l'É.:li,e, le jour où la Rt puhli<111cfera ('l'!le ,i•par:i•iun lie 1 (,,;1 ,e el de l'f.:tal, que )1. l\ubiuel ne parrto11nc fl ,s à la C,Hoslill1a111,,tic n'a" ir pas accomplie, cc 11r'-era pa, pour or>érer, :-;clun J,, rit pu.. ilh j .. t,•, la ~c ar 1l1on du lcmpord t l du ;:piril111·l: ce ,era 11our tPJPl•'r lurn ,1111,01110.r,p:n,u,•I nou,Pau, je H'UX dire loin dt• la socit:LOlilue et urga11i:--t.:c --t'IJ:l Lt 1.110;1, ce qui reste ct,,, ser\'iludes intellectuelles du pa,,é. · ~lais en l'ail, et à c.ilculcr les forces de l'année i ~00, la <.:rn,tiluant,• pouvait-elle d'ernhlée prononcer la ,éparalion de n:.:lise el de I E1at? L,, que,- lion ti cellr dalf', n'était 111i'tne pas posée; elle n'e,islail pas. Pcr,011111•parmi les kgi,laleur,, per,onne parmi les publicistes, personne paru,i les pen,curs et philo;ophcs ne suggérait à la Constituante l'idce de ,éparer l'Ei,:lise el l'Llal. , ~I. llol,inel, pour prouver que celte idée n'était J>{linl l'trani;,'rc au nm• ,iède et 11ucpar suite la Con,liluante aurnil 1,u la réaliser, esl obligé ùe torturer le ,en, lie, te,tes d'une façon à peine aoyalJlc. JI proJn,1pour un~ invitation à séparer« le ~pirituel du temporel • et plu; précisément l'Eglise de l'Etat lou, 1,,, 1ppt·I, il la tolérance qui ont 1·clenli dans le xrrn• siècle. Alunlc••i11icu r.,1t il,rt' il 1111,• Jui,·c, dan; l'E-<prit des Loi,: \'ous ,oulct (Jue

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