52G l!ISTOlllE SOCIALISTE principe de la souveraineté? ou y avail-il laïcisalion de la messe elle-même devenue, ,i je puis ùire, u11simple rouage aùminislralif el électoral? Seul~ la suite ùes évéuemeuls aurait débrouillé le sens ambigu de ces dispositions romple,es, si la couslilulion civile du clergé avait longuement vécu. Mais à quelle condition pou rait-on Oire élu évOque? « Pour Mre éligible à un évêché il sera nécessaire d"avoir rempli, au moins pendant quinze ans, les fonctions du ministère ecclésiastique dans le diocèse en qualité de curé, de desservant ou de vicaire, ou comme vicaire supérieur ou comme vicaire directeur du séminaire. ,, El comme pour marquer la fit1 de l'élcclion du mt'lme caractère double, semi-ecclésiastique, semi-laïque, qui en a marqué le commencement, « la proc,tamation de l"élu, dit l'arlicle i4, se fera pa,· le Président de l'assemblée électorale dans l'église où l'éleclion aura élé faile, en présence du peuple et du clergé el avant de commencer la messe solennelle qui sera célébrée à cet efîet •· On ne sail plus au juste qui est à l'autel, si c'est le nouvel évOque ou le Président de l'assemblée électorale. ~lais l'évôque est-il •ainsi cléfinilivement inslilué? le curé ainsi nommé évOque a-t-il dès maintenant, et par la seule vertu de l'éleclion, caractère d'é,èque? Dans la forme, non; mais au fond, oui. D'abord, la Constituante écarte, par un ai licle tranchant, toute inlervenlion de la papauté : • Le nouvel évèque ne pourra s"adresser au pope pour en obtenir aucune confirmation, mais il lui écrira comme au elle/ visible de l'Eglise w1iverselle en témoignage de l'unité de foi et de commwiion qu'il doit entretenir avec lui. » c·e8t évidemment un des articles les plus hardis de la constitution civile, un de ceux où triomphe le plus l'esprit gallican et janséniste. En faiL, si on y veut bien réüéchir, il était impossible avec le système de l'éleclion de fafre la moindre part à l'autorité papale; car comment résoudre le conail de la souverai,1eté populaire choisissant un évêque et de la papauté refusant de l'instituer? Ce n·e,t plus la lulle du sacerdoce el de l'Empire; mais c'est la lutte de la papauté el du nouvel Empire, je veux dire la démocralie. Il est bien Haî qu'aujourd'hui, sons le régime du Concordat, l'inslitution pontificale est nécessaire aux évêques désignés par le pouroir civil. ~!,lis ce n·est pas le sufîrage populaire qui désigne directement les évêques : c'est le poU\'Oir exécutif, et quoiqu'il émane inclirectemenl de la souveraineté nationale (au moins dans lïnslilutiou républic::ine) il peut négocier avec le pape s'il y a désaccord, et les conflits ne risquent pas d"Ure aigus el insolubles comme dans la contradiction directe el déclarée du sulîrage du peuple el de la volonté papale. Au contraire, instituer le sufîrage populaire pour l'élection des évêques, c'est furcéruent dessaisir le pape de tout droit d'investiture. Mais à défaut du pape, quelqu'un donne&a-t-il à l'évêque ainsi élu par les citoyen! actifs, la consécration canonique? c'est l'évêque mélropolilain qui
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