Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

li 1STOIRE SOCIALISTE Dans le ronOit nai--ant de lïnlén't agrarien et de lïntér~t mc•rcanlil<', c·c,t le !'0m111rrre, par la force m•'me de son développement, qui avait 1(, d,•rnier mot. Dans un heau mémoire rédigé par le médecin Guillotin, fntnr Cnn,tituant, les ,·11rps de marchands de Paris demandent au !lui, dans la . p(•rindr qui a pr<•,·édé les 1::1ats-Gé11éraux, une large reprcscntation dn commcrr('. Guillotin oppose lrès vigourememcnt lïnsig11ifiancr, ou tout au moins la m(•diocrité du comnwrce rn 1614 lors de la tenue de, derui,•rs Élat,- Gé11<'•raux,à ,a mcrveilleu,c al'li\ ilé rn J,80. c·e,l cc mouvem,•11t des afTaircs qui a rendu néces,;aire la création de t., Cai,-c d'escompte en l7i6. Eli,• était la propriété d'une société en commandite: Plie s·ounit avec un fon,ls ùc 1;:;millions!li\'isécn 5,000acliom, libérée,, elle devait c,compll'r i1 4 pourcenl les lrllres de change et hi Ilets de commt'rce ü 2 ,•l 3 mui:: d'échéances, cl faire le commerce des matières d'or. Elit' émrltail des billet~ de circnlatiun analogues au., IJillets actuels ck la Banque ck France. Pour qu'une pareille organisation, avec tous lrs risque~ qu'dle comportait, sr soit ,uperpn,,'r au commerce préexi,tant des rhangeurs cl banquirrs rl pnur qu'elle ail résisté atn perpétuel- emprunts forcé, du l'r(•-or royal, il faut <1u'cll<'ail r<'•pondu à un grand be-oin du commerce. Un organ,· rrntral d'escompte el de cré,lit était ùrvenu nécessaire pour les vastes opérations de la I,ourgeoi:,ir rommrrçanle. La Cab;e d'c,compte a,ait rapiclemcnl grandi el en iî89 son capital ,éle,;ail à 100 millions di\•i-,1s en ?:i,000 actions de 4,000 lines. C'est i, pro1>0, cl,•svaleurs de la Cai,,P d'escompte comn,e de celles de la Banque Saint-Charlès que )lirahcau dénonça avec violence les spéculalions de l'abbé cl'lr~pagnac : mais l'ahbé n'en fut nullement discrédité: il entra au club des Jacobins cl il pril même la parülr pour fairr l'élogr funèbre de )lirabeau. Toutes ces bataillé, livrées autour de la Caisse d'esromplc en alleslenl lïmporlance. On comprendrait mal le dé, eloppement commercial et industriel dn xr111• ,ièrle ~ion allrniuail aux corporation,; le rôle tout à fait important qu'un leur allribue d'ordinaire. li est certain qu'elles constituaient une entrave à la lihrrlé dr Iïndu,lric et du com,nrrce. Pour de,·enir 111allre, c·est-à-dir,• patron, il fallait •uhir un e,amrn dirigé par la corporation des m,tltres lll'j, établi,; il fallait pa)<'r une somme parfois as;ez élevée el qui empêchait le, compagnons pauvre, de ,êl,•vrr i1 la maitrise. De plus, l'industrie et le commerce de chaque corporation étaient soigneusement déterminés : ll'lle corporation ne pou mit vendre que t,•ls produit,;. Telle catégorie d'artisans ne 1,oU\ail fabriquer que telle calégo1fr d'objets. Ainsi l'aclh it6 économique était sans ccssr gènée ; et de plus uuc sorte d'ari locratie de métiers étroite, jalouse et à peu près héréditaire se con,tiluait. En fait il n'y avait guèrr plus 'JUC les fils ou les gendres des maitres établis qui pus,ent prétendre il la mallrise. (,videmment cet esprit de règlementation et d'exclusion était peu favorableàuu grand ffiOuvementd'afTaires,

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