Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

HISTOIRE SOCIALIS'rE parce qu'elle enlrelienl et propage l'oisivelé el que l'oisiveté est la mère de tous les Yices. • A quoi se réduit donc le devoir des nations à l'égard des pauvres? A donner du lravail à ceux qui peuvent et veulent lravailler, à forcer au travail tous ceux qui peuvent el ne veulent pas travailler, à établir el à maintenir une proportion exacte entre le salaire du travail et la subsistance, de manière cependant que le travail forcé soit toujours moins payé que le travail volontaire, à assurer des secours à tous ceux qui sonl hors d'état de travailler. « Quand vous distribueriez aux pauvres touL ce qui vous reslera di libre sur vos biens nalionaux, après avoir payé vos dettes, vous ne parviendriez pas à détruire l'indigence. On compte dans le royaume au moins huit millions d'individus qui n'ont rien. Supposez 400 millions de revenus, une distribution absolument égale de la totalité de ces biens ne donnerait que 50 livres de revenu à chaque individu, ce qui serait évidemment insuffisant pour la subsistance, car il n'aurait que 33 deniers pour tous ses besoins de chaque jour. • S'il est évidenl que vous n'avez pas assez de terres à distribuer pour meure tous vos pauvres à l'abri de l'indigence, gardez-vous bien de faire aucune distribution de terres, car vous vous mettriez dans la nécessité de faire des préférences injustes el des mécontents. « Quand vous auriez assez de terres à votre disposition pour en donner une quantité suffisante à tous les pauvres, quand vous soumettriez toutes lea terres du royaume à un partage absolument égal, les subdivisions dans les familles, l'indolence, les malheurs, les infirmités ou l'inaptitude d'un chef de famille vous auraient bientôt donné de nouvelles générations de pauvres, el alors, qu'auriez-vous à leur distribuer? « Le grand remède contre l'indigence et contre la mendicité est donc, non la distribution gratuite de propriétés territoriales, mais la certitude des secours pour les pauvres invalides, la certitude du travail pour les valides, et la proportion du salaire avec les besoins, la subsistance. « Que chaque déparlemenl, chaque district, chaque municipalité aient des établissements de bienfaisance pour les infirmes et des ateliers de travaux publics pour tous les sexes et pour tous les âges; que le salaire soil fixé, dans les ateliers publics, de manière à suffire, dans toutes les saisons de l'année, à la subsistance d'un père de ramille et de son ménage. Que ces ateliers toujours ouverts, lorcenl par leur concurrence tous les propriétaires de terres, Lous les chefs d'ateliers à donner un salaire au moins égal. • Mais Polverel ne se borne pas à démontrer que la distribution gratuite j'une partie des biens nalionaux aux pauvres serail à la fois impossible et inefficace. Il démontre que rELal ne pourra favoriser les petits acquéreurs en leur ménageant de longs délais de payement. • Je sais, dit-il, que plusieurs bons citoyens seront mécontents du plan I

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