Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

lllS'l'Olllls SOCIALISTE reçu, 1•n pay,•mrnt dans les rai,-ses puhliqul's rt pai·liwlières, et qu'i1 partir de r,·. l•• é1-oqur, rllc serait tenue d'l'lkrluer se, 1mienwnls à hurcau ouvert. \l.iis il ne "uffi,ail pas de prolonc:er par tlécrcl le rours forcé dt•s billets pour ,lonner du rr(·<lil i\ la Cai-s1'. El l'Elal, au mnmPnl mèrnr où il Mrrélait le co111,lorré t'l où il oblic:,·ait la Cai,,c à lui faire jusqu'au 1" juillet une nou, .. 11, an111·c tir 80 n·illions de billrls drrnit donner à cru,-ri un gage qui en onullnt n'ellemrnl la yalcur. Di•j'l. pour une a\'anre anlériPurr, la Caisse amil reçu cle ri'.:tal un as,ignal sur le pro,lt,il de la conlrihnlion patriotique; elle 11\ail t'lé ronsliluée créancière prh ilt 1((i, 1e des recettes évenlut•llcs du Tr(•;r,r. Cette !ois il fallait un i::ar:eaulr~ el plu, •oli,lc. T,'A,semlil(·c d<',-réla donc qu'elle rerndlrilil à la Caisse d'E,comple tïO million"'in·a,-.it::nats~ur la fulurc ,·enle d,,~ biens nalionau"-, c'csl-à-dire qu·au fur rl à memre que les hieri-- ecclé,iaslique, seraient vendus. le produit ,les ,·r:1lrs serait alft•clé jusqu'à concurrence de iïO millions à rembourser la rai,se tl'Escompte. Ou plutôt cellP-ci pouvait s • rcmho111-cr elle-même, all,•1Hl11que il's a;signals ain,i cr(•ès étaient admi,; ,le préférence tians les Yente, ,le hirns nalio11aux; rernellr•• no millions d'a,signals, c'était rcmellre en réalilé i,O millio11sde biens tl'É~lise. C,•s a•shmats n'èlaient poi11l à proprement parler une monnaie : ils ne drrn·,·nl 1,oinl aYoir r0urs enlrP parlic11licrs: il, t'la;enl simplement la rcconnais,ancc d'11ne delle cle l'État el une assignation donnée aux créanciers sur cc g,1ire précis : les biens ,rf:.dise. l•:n allendanl la rl\ali•alion de ce gage el le remboursement de lil créance, les a,signals ainsi remis aux créanciers de l'État portaient inlèrôl à 5 pour cent. Ain,i, àans la première opération de l'As,emblée, l'assignat n'est p1s encore une monnaie: il est une obligation de l"Élal gagée sur le domaine de l'Éeli,e, et il est cré6 surloul pour donner crédit au billet de h Caisse d'Escomple; le billet de la C1isse d'Escompte masque encore l'as-ig,rnl. el l'Assemblée, dans celle pr:rmi~re création ,rassignats, peut se persuader à ellem,'m,• qu'elle ne fait que ro11tinuer en les raulionnant le, pratiques connues rl <111·,,11e s home à ulili,rr Ir crédit du billet de la Cai,,c d'Escomple en fortifiant ce crédit par la remise d'a,sig11ats sur les hiens d'É,,;lise. l'ourlant dès cc premier jour, l'assignat commence à se dogager du billet de la Cai>"e cl à jouer un rôle distinct; la pensée élail ,enue à beancoup de constituant~ que l'État arnil bien tort de recourir au crédit de la Cais~c d'f:scompl••, puisqu'après tout, c'est lui-môme qui créait ce crédit 1>arla remise ct·a-,i<:11alsfortement gagé:;; c\ qu'il valait bien mieu, par conséquent user direclnnent du crédit direct de l'a;,ignal lui-même. C'est ce que !'Nion de Villeneu,c nt rernart1uer dans de brèves et intelligente, ohservalions, à la séance môme du 19 décembre. « La Capitale est déjà eugor;.:{·e,le billets de la Caisse d'Escomplc qui ne circulent pas dans les province,; die va ilone eu fabriquer encor,·; la Cnis-c sera charg6e de celle fabri-

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