Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

HISTOl!l.E SOC!A LISTE « Je m'étonne d'avoir enlenùu rapporter avec tant de conlian,•,> au milieu de celte assemblée ces expression : nos adversaires, nos biens. Je m'étonne d'avoir v11quelq11n-uns de nos collègues se réunir, faire cause commune, se défendre comme un particulier indépendant de nous qui serait traduit à notre tribunal, ET JE SE~s co11etEN IL EST t.llPORTANdTe détruire toutes ces idées de corps et d'ordre qui re11aisse11stans cesse... Le clergé offre des dons, mais de quel droit? mais à quel titre? « Il les prend1a rnr le patrimoine du Culte, sur le patrimoine des pauvres ... « Redoutez ce piège : il ve11tsortir de sa cendre pour se reconstituer en ordre : ces dons sont plus dangereux que notre détresse. « On nous pa,.le des pauvres : mais ne dirait-on pas qtt'ils sont une casle dans l'État comme le clergé? « Doit-on laisser le soin de leur subsistance aux ecclésiastiques? Qui peut m bénéficier? Une stérile et dangereuse charité, propre à entretenir l'oisiveté. « La Nation, au conlrafre, établira dans ces maisons de prière el de repos des ateliers utiles à l'État, où l'i11fortun,' trouvera la sr•hsislance avec le travail ... Il n'y aura plus de pauvres que ceux qui voudront l'ètre. • Ainsi, la propriété ecclésiastique doit disparallre parce •"t'rlle est une propriété corporative; il est faux de dire, comme le répèlent ,i souvent aujourd'hui les économistes bourgeois, que la Révolution fut exclusivement . individualiste; elle fut à la fois indivi,lualiste et élatiste, et elle accroissait d'autant plus les fonctions de l'Etat qu'entre lïndividu et l'Elat elle ne voulait laisser suhsi$ter aucun corps, aucune corporation d'aucune sorte. Celle parole de Chapelier: • li n'y aura de pauvres que ceux qui voudront l'être, • constitu,i la Révolution débitrice d'une delle immen~e; en même temps qu"elle investit l'Etat d'une puissance très étendue. Du discours de Mirabeau, qui parla le dernier en faveur du projet, je ne retiens que deux points, c'est d'abord l'affirmation de la toute puissance de la loi : • Après avoir prouvé, Messieurs, que la Nation a le droit d'établir ou de ne pas établir des corps; que c'est encore à elle à décider si ces corps doivent être propriétaires ou ne pas l'être, je dis que, partout où de pareils corps existent, la Nalion a le droit de les détruire, comme elle a celui de les élablir, et je demande encore qu'on admette ou que l'on nie cc principe. « Je dirai, à ceux qui voudraient le contester, qu'il ,.-est aucun acte législatif qu'une Nation ne puisse ,·évoquer; qu'elle peut chanqer, quand il lui plaît, ses lois, sa constitution, son orqanisa1io11 et son mécanisme; la même puissance qui a créé peut détruire, et tout ce qui n'est que l'effet d'une vo,onlé générale doit cesser dès que celle volo111évient à changer ... •

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