30 HISTOIRE SOCIALISTE el déduit le soleil el les plan~les d'une m~mc masse de Yapcurs lcnlcmenl condensée rt dilîérenciée. c·csl selon celle mélhode d'abslraclion nécessaire el de généralisation que ,\lonlesquieu a ramené à quatre types principaux lïnfinie variélé des gouvernements humains. c·esl selon celle mélhode qu'Adam Smith a pu étudier lïnnombrablc diversité des phénomènes économiques réduits par lui à quelques catégories fondamentales. Toujours cl parlout, sous la diversité infinie el accablanlc des faits particuliers, la science perçoit cl dégage, par une opération hardie, quelques grands caractères décisifs el profonds; cl c'est le contenu de celle idée claire cl relativement simple qu'elle éprouve el développe en tout sens, par l'observation, par le calcul, par la comparaison incessanlc des prolongements du fait et des prolongements de l'idée. Mais c·esl selon la m~mc méthode que l'esprit classique construit ses œuvres. C'csl ainsi que Descartes, avec les deux idées de la pensée cl de l'étendue, a développé tout le monde matériel el tout le monde moral. c·csl ainsi que Pascal, creusant au plus proiond de la nature humaine, a mis à nu notre bassesse el notre grandeur et de celle seule idée commcnléc par l'idée de la chulc a dt-rluil lonl le christianisme. Ainsi nos grands créateurs tragiques 011 comiques bâlissaienl sur un thème large cl simple leur œuvre vivante. Ainsi encore avec les cieux idées cle nature el de raison !'Encyclopédie ébranlait Lous les systèmes d'erreur. Ainsi enfin. dans la seule affirmation des droits de l'homme cl du citoyen, la Ré\'olulion résuma il avec une merveilleuse puissance, les aspirations nouvelles des consciences agrandies et les garanties posilives réclamées par les inlérêls nouveam. Elle aussi, commr la grande science à laquelle M. 'l'aine l'oppose en vain, clic a trouYé une idée dominante cl vaste qui lui permel d'exprimer Loule une période dr la vie sociale cl de coordonner des forces sans nombre. En Loulcas, monsieur Taine ne peul condamner l'espril classique el l'esprit de la Révolution sans condamner la scicucc elle-même : el c'esl seulement par une inconséquencè qu'il a échappé à l'extrême réaction catholique : il s'esl arrêté il mi-chemin. Ah! il eOl été commodr à l'ab,olulismc religieux, monarchique, féodal, que le n111• siècle se hornùl il de lenles monographies enfouies en des archires de hénédiclins, ou it de palicnles recherches cl'érudilion sur le passé. Il eûl été commode à Ioules les tyrannies, à Lous les privilèges que 1,1 pensée française conlinuàl à sr jouer, comme au xv1• siècle, en de magnifiques ù(·bauchcs de mols el noyât sa révolte dans le large llol incel'tain cl trouble de la prose rabelaisienne. Il cùl élé commode aux prêtres, aux moines, aux nobles, que le xvm• siècle, devançant le romantisme, s'allardâl à décrire minulieusrmenl, avec le plus riche vocabulaire, le vieux portail d'une "ieille église ou la vieille lour d'un vieux chàleau ! Mais la pensée'classique avail antre chose à faire. Elle nolail avec pré-
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