111:-;TOIRE SOCI.\LIST8 \ 1 !) avaient ru be-oin lie la force du peuple, rcslairnl en contact avcr, lui. Le bud,:el de :<:antes, pour rannée 1î00, mentionne l'achat clr 1,lî2 uniformes de gardr national au compte de la ville, qui les revenilil à bas prix, éviclcmment pour ounir aux pauvrns l'accùs de la garclc nationale. En mème temps, la ville, dans la seule année 1700, déprn•ait 130.000 livres am ateliers el chantiers municipaux afin qu'aucun ouvrier ne soulfrit du chômage. C'est sur les navires des puissants armateurs qur plus d'une fois furent donnl'es des fètes patriotiques et révolutionnaires, et la haute bourgeohie de Nanles était si bien engagée dans le mouvemrnt, ellr avait si bien confondu sa vie avec la vie même de la Révolution, qu'elle a suivi celle-ci jusque dans le paroxy,me de débauche et de cruauté de Carrier. Chose étrange, et qui atteste je ne sais quelle prodigieuse exaltation tour it tour sublime et pen•erse, à l'heure môme où Carrier décimait, noyait, souillait, non seulement l'aristocratie nantaise, mais la partie de la bourf(enisie ,uspecle de girondinisme, des femmes de haute classe, de la plus riche bourgcoi,ie, participaient à ses orgies de lurnrc et de sang. Le docteur Guépin aYail la liste de ces femmes, il l'a délruile, mais il témoigne qu'elle comptait les noms les plus connus de la haute bourgeoisie. Ainsi la fièvre révolulionaire, après avoir allumé au cœur de la haute bourgeoisie bretonne de sublimes enthousiasmes, s'y convertissait à rheure de la rnprème crise en une sorte de fureur cruelle et rie sadisme monstrueu,, cl une frénésie sensuelle et meurtrière continuait la mystique ardeu,· des premiers jours. A Lyon, la vie municipalr était bien plus passionnément populaire que ne le laissait supposer le choix des députés aux Etals-Généraux. Ceu,-ci étaient presque tous d·un modéranlisme extrême, el l'un des plus inOuenls, Bergasse, affirmait la même politique que 1lounier. Les cahiers des Elats- (.;énéraux, comme je l'ai déjà noté, ne portaient aucune trace des revendications ouvrii'res. 1lais peu à peu, dans l'cnceime de la commune, une lutte violente s'engagea entre la bourgeoisie modérée el la bourgeoisie démocrate, soutenue par les forces populaires. Toul d·abord, en juin et juillet 1î80, le peuple réclame avec véhémence la suppression des octrois, el comme le consultal résiste, il se porte au, barrières et les brise à Perrache, au fauhourg de Vaise. Des détachements rie dragons sont appelés de \'ienne; mais le peuple armé les assaille. Les paysans, attirés var la nouvelle de la suppression des octrois, arrivent en grand nombre el font entrer en masse, par dessus les barrières détruites, tous les produits frappés la veille rie lourds impôts; le blé, le bétail, le vin, les soies enlrenl par grandes quantité,, cl tous les marchands, tous les entrepositaires s'empressent de s·approvisionner. A la Guillotière, les femmes des ouvriers encouragent les paysans à entrer sans payer les droits. Il y a comme une coalition populaire des paysans
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