Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

41'1 11151'O11\E SOCIALISTE officier- municipall\, drs quarante-deux conseillers généraux, un tiers rut pris parmi les procureurs, les hommes de loi, les avocats; les deux autres tiers fur,•nl choisis parmi les nt'gociants ... On choi,il pour général de la i:ardc nationale, le représentant de la 1,lus vieille noblesse du Bordelai,, l'héritier de, srigneurs de Dlanqurforl cl le descendant ùr Bcrnar1l Angel'in Durfort de Duras. Le premier élu de l"administralion municipale fui Fcrri~rc-Colck dont ln probité élail r,élèbrc dans Bordeaux. Le major général dr l'armér municipalr, qui del'ail remplacer Durfort, comme commandant en chef, était Courpon, un des plus \'aillants officiers de guerre de Louis XV el de Loui:, XYI. .!fais ce sont surtout les 11fr;ociants et les hommes rirhn qui vont qout•rrner Bordcrwx. De Fumel srra ,wnplar,'. l'annù suivante, pm· 1111 homme f/i.r foi, mil/irmnairr. aiqr. !.R pdsident du départemnll, louis Jomme .lfo11taq11y,rst un pui,sant arm111t-11r. Ce sont les Chartrons eL le Chapeau-Rouge qui prennent le pouvoir. Pour nombreux que soient les avocats dans les corps élus, ils ne semblent pas jouer, dans la direction des affaire,, le rùle qu'on allendrail. La plupart clrs futurs girondins font partie des administrations locales, mais, sauf peul-~lrc Gcnsonné, ils y parlent plus qu'ils n'y travaillent. Beaucoup de ces avocal5 qui ont fJil la llé\'olulion en dédaignent les charge, municipales. Leur ambition Yisc plu• haut: ils laissent aux négociants le soin de gou"crner. Une arislocralie de riches, disait un libelle, va-l-elle remplacer à Bordeaux l'aristocratie des noble,? " ~lais il semble qu"il y ail accord entre cette administration de grands bourgeois cl le sentiment public de la cité. Les rares soulê\'emcnls excités dans le peuple par la bourgeoisie pauvre ùu « Club national" bordelais furent aisément contenus: et sans lïntcrl'ention des Pn..oyés de la Convention, en 1î93, Bordeaux aurait gardé probablement jusqu'à la fin une administration de bourgeoisie riche el modérée, sincèrement révolutionnaire d'ailleurs. A ~larseille, pendant la dernière moitié de rannéc 1i80 el la première moitié de l'année 1î00, il y a une lutte d'unr violence inouïe entre l'oligarchie bourgeoise d"ancien règimc et la nouvelle bourgeoisie rél'Olutionnaire soutenue par le peuple. L'éche, inage marseillais avait liné la 1illc de ~lar-eillc à des exploiteurs cl des monopoleurs. En mars, le prix de la viande rut augmenté parce que des manœuvres coupables avaient assuré une sorte de monopole au grand l,ouchPr, le sieur l\ebufcl. El pour se défendre contre le mouvement populaire, l"échevinage avait constitué, avec ceux de, bourgeois qui bénéficiaient de la scandaleuse gestion municipale, une garde bourgeoise. Le peuple la poursuivait ile sa haine en criant: A bas les habits bleus! Et de grands el riches bourgeois, des négociants épris de liberté el indignés

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