IIISTOIRE SOCIALISTE 413 raies qui les avaienl rhoisis. L'arlicle 2-1de la loi municipale dit : • Aprè:; les éleclions, les ciloyens aclifs ck la communaul6 ne pourront ni rester assembl6s, ni s'assembler en corps de commune, sans une conYocalion expresse, ordonnée par le conseil g6néral de la commune; fr conseil nr pow·ta la ,·efusrr si elle ,s/ ,·rquise par le sixih,ir drç ritoyrn, actifs, drm; les communautés au-desrn< de 1000 dmes el par I :,o citoyens actifs dam toutes !Psautres communautés. • Ainsi, le corps municipal était prolég6 contre une inlcrvenlion irrégulière cl indiscrète des électeurs: mais ceux-ci avaient en mains le moyen légal d'obliger la municipalil(• ü les convoquer : et ils ponvaienl ainsi, clans les occasions graves, exercer le gouvernement municipal diretl. Le perpétuel courant des énergies populaires renouvelait donc l'c;pril cl la volonté de; 61us. De quels éléments sociaux l'urent formés les corps ,Hlmini,lralif's des départements, des districts cl des municipalités? li y aurait un haut intérêt hisloriqur à les déterminer avec précision, el il me sera bien permis de solliciter en cc sens les recherches. Le jour où, pour plusieurs milliers de municipalités révolulionnairc,, prises dans Ioules les catégories des villes, grandes villes, villes moyennrs, peliles ville:;, village,, \illc~ clc commerce, d'industrie, elc., nous saurons exactement quelle èlail la qualité sociale des élus, quelle élait leur profession, quel était leur degré d'aisance el de richesse, et quand nous pourrons suivre, d'élection en 6lcclion, d'é\'énemenl en événement, les lransforrnalions de ce personnel électir en c1ui la France rél'olutionnaire exprimait sa pensée, nous pénétrerons, pour ainsi dire, au cœur méme de l'histoire. Je relève, par exemple, dans les ·papiers de Lindet, qu'en i'iormandie, quand lïnsurreclion girondine fut réprimée el que toutes les institutions furent renouvelées par la ~tontagne, c'est de« petits bourgeois» que furent formées les municipalités. Il faudrait pouvoir suivre jusque dans le détail infiniment complexe et subtil les correspondances des événements révolutionnaires cl des mouvements sociaux. Il me parait malaisé de caract6riser par une formule exclusive les premières municipalités de la Révolution, élues en vertu de la loi du 14 décembre 1789, dans les premiers mois de 1700. On peul dire cependant d'une manière générale que la grande bourgeoisie révolutionnaire y dominait. A Bordeaux cc sont de riches négociants el armateurs qui, avec quelques représentants libéraux de la noblesse, vont gouverner la cil6, cl, en somme, garderont le pouvoir jusqu'en mai 1i93. Voici ce que d1l Jullian dans sa grand Histoire de Bordeaux : • \'oyez la première municipalité que Bordeaux se donna librement. Le maire, cle Fumel, est l'ancien commandant en chef de la Basse-Guyenne ... Le procureur syndic fui ravocal Barcnncs, que remplaça l'avocat Gensonné. Des vingl
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