400 IIISTOII\E SOCIALISTE livré au, qualre n,illions de citoyens actifs Loule l'administration du pays; elle n·a,ir;iit p,1,; livré les déparlements, les dislricts, les communes, sans conlrole. sans co11lrcpoid,, sans régulateur central à tout un peuple d'artisans el de paysans si elle avait craint pour son privilège économique. Abandonner à la seule puissance de l'élection PJris, Nantes, Lyon, Marseille, Sainl-Elienne, remettre à l'élection seule non senlemenl tout le pouvoir administratif, mais, comme nous le verrons, tout le pouvoir judiciaire et tout le poul'oir religieux, c'était évidemment, pour la bourgeoisie révolutionnaire, affirmer une confiance ,upc1·be en sa force et en son droit. Celle conslilulion allc,ste qu'entre la bourgeoisie el le prolétariat la lulle de classe ou même la defiance de classe n'est pas encore née. Le système adminbtratir de la Con,lituanle ne pouvait donc répondre qu'à un moment très rapide de lï1isloire. ~lais dans celle période de 178() à la fin de 1792, il a rendu à la l\érolulion cl à la France d'immenses serrices. Il a préscr\'é le pays de l'action conlre-rérnlulionnaire du pouvoir royal. Il 11 babilué les citoyens, dans les déparlemcnts et dans la commune à se gouverner eu,-mêmes, el il a !ail ain,i, a1.111tla RépulJlique, l'éducation républicaine de la nation; la fuile de Yarenne; et la journée du iO août auraienl aITolé la France si elle n·a,ail eu déjà l'habitude, au plus profond de sa vie quolidienne, de se passer du roi. Enfin ce système administratif a fait surgir par centaines de mille les hommes dévoués, les fonctionnaires électif~, el il a ainsi constitué un filet révolutionnaire d'une extraordinaire puis;ance et conlrn lequel les forces du passé se sont débattues en va:n. c·e,t le régime municipal surtout qui fut déci,if. !)'abord il mettait en moyvement, et si je puis dire, en vibration, toute; les cellule;, toutes les fibres de l'organisme social. JI y cul en effet quan111le-qualre mille municipalités. Sieyès aurait voulu qu'il n'y eût qu'un petit nombre de communes, el l'Assemblée Consliluanle elle-même, ver. la fin ùe son mandat, quand elle re,•isa la Consti'.ulion, songea à en réduire le nombre, sous prétexte que celte e,üraordinaire mulli1ilicilé favorisait« l'anarcbie • el rendait tout mouvement d'ensemble impossible. En fait, il était impossible de briser la vie locale des anciennes paroisses el communautés de village. li tallait la transformer, la passionner en l'élevant à la liberté; c·est ce que fil en déccmlJre 1789 la Conslituante. El en lavori~ant ainsi le jeu des forces populaires, elle ne favorisa point, comme le dit 'l'aine• l'anarchie spontanée"• mais, au contraire, le gouvernement sponldné; c'est l'action incessante el toujours éveillée de ces municipalités innombrables qui suppléa à l'inévitable défaillance du pouvoir exécutif, maintint l'ordre, cbâlia ou prévint les complots, assura, par des ateliers de travail, la vie des pauvres, et multiplia les prises de la Révolution sur le pays. Voici, dans Je texte mème du décret, les traits principaux de l'organisation municipale.
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