386 IIISTOII\E SOCIALISTE tinue û /raw1//1•r pu11r les faire vivre. Si nous n·avions fait que ohunger d"arislocrat1<•, si je voyais s'évanouir ces espérances auxquelle s j'ai sacritl6 mun , ..po,, mon étal, ma forlune, plus encore peul-être ... » Oui, cc sonl là de for les paroles; c'est une ,~gourèuse affirmati on d6roocrati(]ue où il entre je ne ,ais quel pressentiment allrblé ùu règne prochain de !"oligarchie bourgeoise. C'est un écho de la parole de J ean-Jacques : • Que toutes les lois tournent au bénéfice des riches », el c·est comme un premier effort pour corriger par l'entière démocratie politiqu e la tendance des forces économiques el sociales à l'inégalité. A l'heure même où la bourgeoisie révolutionnaire, très fière d e sa puissance, de sa riche»e, de son activité, exclut de la cité des mi llions de pauvres, lïdéalisme du xrm• siècle fournil au prolétariat misérable le point ù"allache par où il pourra se hausser. ~lais comme tout cela est faible encore! La parole ùe Duport se perd dans le vide, elle ne parvient même pas à passionner le débat. Hobcspierre lui-même, à en juger par le procès-verbal as,ez somm!1,ire de son discours, fut médiocre el froid : « Tous les citoyens, quels quïls soient, déclare-t-il, onl droit de prétendre à tous les degrés de représentation. Ilien n'est plus conforme à celle Décla.ralion des Drons, devant laquelle tout privilège, toute dis tinction, Loule exceµtion doivent disparattre. La Con-litution établit que la so uveraineté réside dans le peuple, dans tous les individus du peuple. Chaq ue indiviùu a donc ùroil de concourir à la loi par laquelle il est obligé, el à l'administration de la cho5e publique, qui est la sienne. Sinon, il a·esl pas vrai que tous les hommes sont égaux en droits, que tout homme est citoyen. • Si cèlui qui ne paie qu"tme imposition d'une journée de trava il a moins de droits que celui qui paie la valeur de trois journées de tra vail, celui qui paie celle de dix journées a plus tle droits que celui dont l'imposition équirnul seulement à la valeur de trois: dès lors, celui qui a 100,000 livres de renie a cent fois autant de droits que celui qui n'a que 1,000 livres de re,enu. Il résulle de tous vos décrets que chaque citoyen a le droit de concourir à la loi, et dès lors celui ù'6lre électeur ou éligible, sans distincti on de fortune. • Le raisonnement est irréfutable, mais bien abstrait. et comme s'il n'avait lutté que pour la forme, Robespierre néglige d'analyser el de réfuter les raisons politiques qui déterminaient l'immense majorité de l'Assemblée à distinguer des citoyens actifs el des citoyens passifs. Après lui, le député Defermon (il convient de citer tous les défenseurs de la première heure d u suffrage u,1iversel) dit quelques paroles tian, le mt'me sens: • La Société ne doit pas être soumise aux propriétaires, ou bien on donnerait naissance à rarblocralie des riches, qui sont moins nombreux que les pauvres. Comment d'ailleurs ceux-ci pourraient-ils se soumet tre à des lois auxquelles ils n·auraient pas concouru·? ... "
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