384 HISTOIRE SOCIALISTE plus urgentes, au mandement subversif de l'évêque de Tréguier, aux troubles de Rennes. Le 22 octobre seulement, l'extrême-gauche de l'Assemblée intervient et oppose au projet quelques oùjections sommaires. Ce n'est point, il s'en faut, une grande bataille, cl on dirait que c'est sans grande foi, c'est en tout cas sans vigueur aucune que les orateurs interviennent. L'abùé Grégoire dil « qu'il redoute l'aristocratie des riches; il fait valoir les droits des pauvres et pense que pour ôlre électeur ou éligihle dans une assemblée primaire, il suffit d'être bon citoyen, d'avoir un jugement sain el un rœur français "· La proteslalion de Duport a plus de fermeté et d'accent; il songe enfin à invoquer les droits de l'homme: • \'oici une des plus importantes questions que vous ayez à décider, il faut savoir à qui vous attribuerez, à qui vous refuserez la qualité de citoyen. Cet article compte pour quelque chose la fortune, qui n'est rien dans l'ordre de la :-ialure. Il est contraire à la Déclaration des Droits. Vous exigez une imposition personnelle, mais celte sorte d'imposition existerait-elle toujours? Une lrgislalure, ou une combinaison économique, pourront donc changer les conditions que vous aurez exigées. " Duport arnit doposé une motion qui organisait autrement la représentation, et dans les motifs qui accompagnent cette motion, il proteste aussi contre l'exclusion des pauvres. ~lais on voit là qu'il ne va pas lui-même jusqu'au sulîrage universel direct, jusqu'à la désignation directe du législateur par la totalité des citoyens. Il n'admet le su!Trage universel qu'avec deux degrés d'élection, le peuple tout enlier élisant, en chaque canton, une asscm- !Jlée primaire qui choisit le~ législateurs.Je rclèl'e cependant de fortes paroles dans son exposé : « Dans tous nos calculs politiques, revenons sourenl, Messieurs, à l'humanité et à la morale. Elles sont aussi ùien la base de toutes les comùinaisons utiles à la Société, que le fondement de toutes les a!Tections bien ordonnées. Rappelons-nous iei le grand principe trop tôt oublié que c'est pour le peuple, c'est-à-dire pour la classe ta vlus nombreuse de la société, que tout youvemement est établi; le bonheur du veuple en est le but, il faut donc quïl influe, autant qu'il est possible, sur les moyens de l'opérer. 11serait à désirer qu'en France, le peuple pùt chobir :ui-m(ime ses représentants, c·est-à-dire les hommes qui n'ont d'autres devoirs que de stipuler ses intérêts, d'autre · mérite que de les défendre avec énergie. • On calomnie le peuple, en lui refusant les qualités nécessaires pour choisir les hommes publics. Les talents et les vertus qui embellissent l'humanité, ne peu vent au contraire se développer sans affecter le peuple : il est comme le terme auquel aùoulisscnt la justice, la générosité, l'humanité ... • Il est un point où les times sensibles et énergiques se retrouvent, je
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