3i0 JIISTOIHE SOCIALISTE cessité seule, c'est surtout le déficit des finances el Jïmpossibililé de vivre qui la jetteront aux grandes hardiesses. LOIS D'ORGANISATION Nous savons déjil que dans l'organisation du pou,·oir, elle avait fait œuvre d"équilibre et de conciliation. Elle avait proclamé que la loi ne pouv,1it être que re,pression de la \'Olonlé nationale représentée par une Chambre, mais elle avait maintenu la royaulé historique. Elle avait accordé au roi le droit de veto pendant cieux législatures; elle lui a1ait remis le choix souverain des ministres et elle allait le doler d'une liste civile de vingt-cinq millions, puissant moyen de corruption el de gouvernement occulte. Aussi, quand en mai 1700, s'éleva le grand débat sur le droit de guerre, la discussion au fond fut assez vainc. Miraucau. luttant pour la prérogative royale, brava la col~re du peuple un m0menl soulevé, et D·,rnave qui voulait réserver à l'Assemblée l'initiative de la guerre, recueillit de longs applaudissements. )lai, c'ét,dt une querelle de mols. Du moment que deux pouvoirs existaient, ils avaient l'un et l'autre le redonlable pouvoir de provoquer la guerre. Une manœuvrc secrète du roi pouvait amener les soldats étrangers sur le sol de latFrance, quel que fût le sentiment de l'Assemblée; cl un défi de l'Assemblée au., rois de l'Europe pou,ait soulever coutre la France révolutionnaire tous les tyrans de l'uniYers, quelle que fût la \'Olonlé du monarque. Maisquand ~lirabeau, pressant Darnal'e, lui clisait: « Toute loi ne devient loi que par la rnnclion royale; voul~z-vous que l'acte le plus décisif de la vie nationale, la guerre, puisse se passer de la sanction cl u roi?• Darnave ne pouvait répondre, et 1lirabeau triomphait pour la monarchie des concessions premi~res faites par la 11évolulion. L"Assemblée crut dénouer le nœud en décidant que la guerre serait déclarée par l'Assemblée, mais avec la sanction du roi. C"était pour le peuple assemblé aux Tuileries une victoire bien illusoire. Car si le roi appelait secrètement l"étranger, l'Assemblée ne serait-elle pas forcée de déclarer la guerre à l'envahisseur? et que devenait la prétendue initiatil·c de la nation? Si, au contraire, l'Assemblée déclarait la guerre aux rois de l'Europe, le roi pouvait-il en refusant la sanction, lil'rer la France désarmée aux coups de l'ennemi? Mais tout cela était théorie pure, combinaison abstraite des pouvoirs. Cequi prou l'e combirn ces arrangements étaient factices, c'est que Brissot, dans son journal le Patriote /1·a11çais, disait, au mois de mai, pendant la discussion : « C'est l'Assemblée seule qui doit avoir le droit de déclarer la guerre, car nous aurons ainsi des garanties de paix, la nation étant beaucoup moiI!S disposée à faire la guerre que les souverains"· Or, c'est le même Brissot qui, deux ans [après, pressera la France révolutionnaire de p,rendre l'initiative d"une guerre générale contre tous les souverains de l'Europe. Quand il s·agit
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