Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

111STOIHE SOCIAI.ISTE c·,,,t en cc ,ens que )lira!Jcau dit el répète : « Le pouvoir roi·al e,t le 1al1i111<1i11<' du penplc. • f.',,,L en cc sens au•~i quïl !<écriail, dès les premi,•r, jours, dernnl les f:lat, 1;,•n,•r,wx, qu'il ai,uurail mieux ~ivre à Const...rnlinople que dans un pay, où le l\oi u·aurait pas Ir ùroil ùc rclo. Il ,e foil de la royauté une idée toute moderne, il ne la ron,idi·rc pas comme une pui»ance de ,lroit ùivi11, ni m,'mc comme une puissance de tradition: elle est, à ses yeux, la première des ii1,lilulions nationales el, issue du peuple. elle n'est lè~ilin,c que dans la mt•sure où elle le S"rl. ,. Ln roi, cher ùe la ,ociétè, n·csl institué que par ellt! el pour elle •• s·écri,·-t-il dans l'essai sur le ùcspoli>me. uu encore: « Le pPuple, auquel ,·011, commanùez, n'a pu vou, confier l'emploi de se, force, ,,ue pour son utilité, ou, ce qui revient au mème, puur le mai - til'n de ,a ,ùrclé publique, tant intérieure qu·exlérieure, el pour tous lu, a,,,nta'(t', quïl s'esl pron,is quancl il a in,li,ué une autorilé lutclaire: t•lJus ne lui f/t·1•; pas arraclu' tc.œrciCI' dr srs droits; car il 6t11itle plus fort arnnt quïl ,·011,1•1ilcréi le d1'pnsilf/irr dr s1, furce. Il vous a rendu pub,anl p,,ur son plu, 1,rand hirn. Il 1011, re,p,•cle, il vous obèil pour son plus grand uicn. Parlons plus claircmcnl encore : il vous paie cl vous paie très cher parce 1ic1ïle,père 11uemus lui rapporterez plus c1ue vous ne lui coùlez. " 1 011, il/es, en un mol, son prt•mier wlarié (c·csl Mirabeau lui-m0111e qui souligne el vous n'Nr, c1uc cela; or, il est de droil naturel de pou voir re111oyrr celui que nous payons el celui qui nous sert mal. • Audacieuse, paroles 11u'il répètera ou à peu près, à l'Assemblée m~me, quan,I le !toi µarallra menacer la Hévolution naissante! Curieuse applicati, n drs prinrip,•s du contrdl social el du droit naturel inaliénable à la théorie de la roiaulè: Ai1hi armé, )lirahcau pouvait faire à la royauté des conditions : il pou- ,·ail 1:1,ommer de servir la Révolution, d'aider au mouvement national, mais il pou,·ail en mêmè Lemps se tourner vers la :ialion el l'mljurcr ùc r~,- pecter dans la royauté renouvelée son œuvro 111è111c el la garantie ùe ,on développement. C'esl à celle réconciliation, si l'on me passe le mol, à celle synth,"sr ùe la démocratie cl de la royauté, à celle in,laur,llion d'une tlcmocralie r0yale que Mirabeau, pendant ses deux années d'action publique, mua tout ,on lalJcur, qui élail immense, el tout son génie. Toul d'abord, il essaie de faire comprendre sa pensée à Necker, à )Joutmorin, il Lafayette, à \lalouel: .llalouel comprit à demi, enlrevll, comme en un èclail', le vaste plan de recou:;lruclion ré,olulionnaire de ~lira!Jeau; mais ne scnc.::11:eapas à rond. li a\'Our, dans ses Mémoi.-cs, qu'il se reproche clc s'être lro1>mollemenl lntüe"é à la tentative du grand tri!Jun; les autres affectèrent de ne ,,oir

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