Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

. , 354 HISTOIRE SOCIALISTE qui ont cru devoir se retirer de la France, ne so11t que des citoyens, à la vérité très distingués, mais qui ne font ni co,ps, ni ont aucun autre droit , de ne pas se soumettre à tout ce que le Roi avec la Nation trouvera bon de statuer. • Si vous aimez le bonheur de la France, le Roi, la Reine el tout ce qui en dépend, ne manquez pas Je seul mo)·en de leur rendre à tous tranquillité el bonheur, en vous réunissant tous pour faire cesser celle espèce de parti d'opposition qu'on appelle arislocrale, je ne sais pas pourquoi, mais qui, fail,le par lui-mème el hors de mesure de pouvoir faire le bien qu'il enlreYoil el désire, n'a encore de consistance que pour faire le mal; c'est de cet esprit de parti, on ne peul se le cacber, que sont nés tous les événements, tous les désastres qui ont assailli le royaume et les individus. Le renvoi des ministres, l'assemblée des troupes auprès de Paris, ont fait imaginer les projets atroces qu'on a eu la malice d'imputer à ce parti, el 9onl le peuple a,élé el est encore effrayé el outré; cela a fait précipiter à l'Assemblée nalio'- nale le choix des moyens dont elle reconnait elle-même la füfficullé ... Qu'aucune démarche ne vous coùle donc pour effacer de l'opinion publique Loule idée de l'existence d'un parti contraire ou soi-disant aristocratique, en vous réunissant Lous à l'occasion au bien de l'Etat, et en soumettant votre (aço,1 de l'e11t'isagcr â celle du grand nombre qui (ail autorité. • La leçon élail d'ure el môme brutale. Elle démontre que les émi~rés étaient non seulement en dehors de la conscience nationale, mais en dehors de la conscience monarchique. Le petit clan des agilé'S el des traîtres ne comprit pas. M. de Vaudreuil, auquel le comLe d'Artois communiqua la réponse de Joseph li, la juge ainsi: « Je ne suis pas du Loul surpris de la réponse ... Quant aux principes qu'elle renferme, ils ne m'étonnent pas. Ce sont ceux que celle cour a · adoptés pom elle-mtmie, el elle finira par en être la victime. La destruction du clergé el l'abaissement de la noblesse sont, depuis longtemps, son système comme en France; el je suis bien convaincu que celle erreur, la plus grande que puisse adopter une monarchie, nous a été soufflée, communiquée p'a~celle cour: el que l'affaiblissement de la monarchie française a toujours été son système suivi. • Contradiction puérile : si c'est pour affaiblir la monarchie française que la cour d'Autriche lui conseille d'abaisser noblesse et clergé, pourquoi la cour d'Autriche elle-même a-t-elle, dans son propre domaine, abaissé nobles et prêtres? El comment tous ces étourdis, tous ces fats, n'étaient-ils point frappés de la nécessité d'un mouvement qui ne se développait pas seulement dans la France philosophique, mais dans la vieille Autriche absolutiste? / En accusant Joseph li d'être, lui aossi, un révolutionnaire, ils s'accablent

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