Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

HISTOl RE SOCI <\LISTE pagneronl. L'une d'elles, Loube ChalJly, haran ;;ua If' !loi, qui lemlJra,,a ••n lui parlant al'ec une sorte d'émotion de la ,uu fîrance du p,•uple. ~lounier in,bta auprès des ministre, puur que le 1\01a,·rordàt immé lialement l'acceptation pure et simple ùcs arlide~ co11slilulionnel, cl de la Déclaration des droits. C'était un moyen d•• calmrr I cffer\'e,ccnce des esprits. Le !loi, inrormé clc ct•lle clemamlc, se relira da n, une autre picce pour délibérer avec son conseil. .\tais il élail c ruel à la l\oyauté de ,anclionner le, principes de la Révolution : el mèmc dan, !,• ùé:,ordre el le 1,éril croi,-anl de celle journée cl'oclobrc elle rési .lail. )founicr, dérnré •l'imJ•alience, attendit la r<•pon,e de cinq heure- et d emie à Gi, heure, ùu· suir. El pendant que le Roi ùèlibèrail ain,i, le s:tng co111111(•nçait à coulrr dans les avenues de Yersaille,. Le régime.il de Flandre, formé en l1<1t,:illt>, avait été rapidement enwloppé par le, fc111n,~,. L<•ssuldat, prot,•,ti·n•nt Ile leur dévouement à la nation; mab il y eut une ha'(ari c entre !,·, frm111escl un dét.;1chement des garde:, du corps commandé par le 1·0111tcd,• 1;uicbc. Quch1u,•s femmes furrnl L,lcs,èes de coups d'épée. Le, 1ulunlaire, de la Bastille firent fou sur les gardes du coq" el en alJallireut plu-icur;. A ce momc ni le Roi fit appeler .\Jounicr et pr ononça, a;,rè; cinq heures d'bé,ilations, 1·acceplalion pure el simple. • J e le suppliai, raconte ~lounin, de me la donner par écrit. li l'é~ri1it et la remit dans me, main~. li arnit entendu le, coups de feu. Qu'on juge de s on èmulion, qu un juge de la mienne. Le cœur déchiré, je ,ortis pour retourner à me, fonctions. , Ainsi comme si le droiL du peuple souffrant d evait être inscrit dans les litres les plus solennels de la llél'oluLlon Lo urgeoise, c'est :,On, la pre»ion des pau>res femmes de Paris demandant du pain, que la Déclaration des droits de I homme est sanctionnée. Ce sou l des m,ius ouvrières qui rcmellcnl (t l'humanitc nou,·elle son litre "1oricu,. Durant l'absence du président Mounier, la fou le a,ait peu à peu c111·ahi l'As,emlJléc. Elle s'était m~lée aux délilléralio ns et demandait à ttranils cris que l'As,cmbléc fit une loi pour diminuer le p ri\ du pain, de la ,ianùe el des +cbanùellc,. L'AssemlJlèe, comme submcrgcc par le Ilot po pulaire, , ctail di.- \ persèe : la séance était lcl'ée de fait; et c omme, pa1· un effeL encore lJicn enrantin de la souveraineté populaire, une femme do.,t ou ne ùit pa, le 110111, avait pris possession du fauteuil présiùenliel. li y cul aiu,i une minute où, le roi a,siégé dans le cbàteau, l'Assemlllée disp ersée, la force populaire s,•111lJlail demeurer seule . .\Jais à quoi senirail d'occuper le JlOU\'uir si un n'y porlail une idée? De bonne grD.ce, la femme q ui s'tilail a»1se au fauteuil, le rendit il Mounier; le tambour pa•sa dans k, rues de Ycrsaille, pour appeler de nouveau les députés, el en allendanl la rep rise ùc la séance, les fe,.ime,, groupées autour de Mounier, l'admonestaient e n paroles à la fois malemcllcs el rudes. Aucune olJslinalioa de colère u'élai l en elle;; c'est )!ounier luimême qui le conslale: • Le,; femme, qui m·emironnaicnt conver,aient a1ec

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