346 IIISTOIRE SOCIALISTE à ADJ. les gardes du corps pour les engager à prendre la cocarde nationale et à faire réparation de l'injure qu'ils ont faite à cette même cocarde. • Plusieurs membres s'écrient que les bruits répapdus sur les gardes du Roi sonl calomnieux. Quelques expressions peu mesurées, dit le compte rendu, échappées à !"orateur lui attirent une injonction du président de se contenir dans le respect qu'il_doit à l'Assemblée nationale. Le président ajoute que tous ceux qui veulent être citoyens peuvent rêtre de leur plein gré et qu'on n'a pas le droit de forcer les volontés. ~laillard répond: «Il n·est personne qui ne doive s'honorer de ce titre.el sïl est, dans cette diète auguste, quelque membre qui puisse s'en croire déshonoré, il doit en être exclu sur le champ. • Toute la sa11eretentit d'applaudissements, et une foule de voix répètent: Oui, oui, tous doivent l'ét>·e,nous sommes tous citoyens. Au mème instant on apporte à 1laillard nne cocarde nationale de la part des gardes du corps. Il la montre aux femmes comme un gage de leurs dispositions pacifiques, et toutes s'écrient : « Vive le Roi, vivent les gardes du corps! • El )1aillard ~onclul : « Je suis bien loin de partager les soupçons qui agitent tous les esprits : mais je pense qu'il est nécessaire, pour le bien de la paix, d'engager sa ~iajesté à prononcer le renvoi de ce régiment qui, dans la disette crue11e qui afllige la capitale et les environs, augmente les malheurs publics, ne fO.t-ce que par l'augmentation nécessaire qu'il occasionne dans la consommation journalière. » Le récit de ~lounier ditière en quelques points du compte rendu. D"après lui ce n'eH point ~Jaillard qui parle Je premier: il laissa d'abord la parole à un de ses compagnons et intervint brusquement pour dire : nous obligerons toul le monde à porter la cocarde palriolique; puis il garda la parole jusqu'à la fin. Il y a dan, ce discours quelques puérilités : car comment attribuer la disette d'une ville de plus de sept cent mille hommes à un millier de gardes du corps? 1lais il y aussi je ne sais quel accent de sagesse grave et de sincérité; et, après tout, il résumait toute la pensée du peuple en deux' mols décisifs : du pain el la cocarde tricolore! c·esl-à-dire : la vie el la Révolution. Visiblement les lemmes étaient venues à l'Assemblée srns haine, avec un grand fond d'espérance : au premier signe ami des gardes du corps elles s·attendrissent et les acclament. L'Assemblée cornpiète le mandat des députés qu'il envoie au Roi : ils demanderont, outre la ,anction de la déclaration dès droits, des mesures vigoureuses pour assurer la subsislance de la capitale. Mounier, président, sort, vers cinq heures, avéc les délégués et se dirige vers le château. Les femmes le suivent en roule : il est convenu que douze seulement l'accom-
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