IIISTOl 11E SOCIALISTE 331 l"abotitio11de cet abus, et q11ecette carte leur soit dt'livrée pot1r la valeur de si:r sous, somme excédentr encore aux frais qu'exigent us billets; ils demandent au.çsi que le surplus de ces frais soit employé à fonder des lits à r l/tJtel-Diet1el au soulagement des ga,•çons de leur corps qui, dans la suite, sr,-ain,1 malades. Les représrnta11ts de la commune, en accurillant tew· demande, les 0111rent·oyés de droit aux jugemenli des districts. » Ici, c·esl contre le ùurcau de placement onéreux que leur imposait la corporation des maitres que protestent les ouvriers. Pen de Jours après, « M~I. les garçons cordonniers de la capitale se soul assemblés aux Champs-Élysées : el sur l'avis de quelques honorables membres, il a été décidé que ceux qui feraient une paire de souliers audessous du prix convenu seraient de droit exclus du royaume. D'ailleurs le comité de la dite assemblée s'est chargé de faire une quête ou espèce de colhalion pour subvenir aux besoins des frères qui se lrouveraienl sans ouvrage. • li y a, à coup sùr, beaucoup d:inexpérience dans ces mou vemenls ouvriers : el les garçons cordonniers cèdent à une illusion un peu Corte quand ils s'imaginent qu'ils pourront disposer de la peine du bannissement contre ceux des leurs qui feront baisser le prix de leur travail au-dessous d'un chilîre convenu. Mais celle na!velé m~me, el la liberté des rassemblements OUl'riers, qui se mullipliaienl au gazon du Louvre ou aux ChampsEly,ées, allestenl la confiance toute nouvelle ùonl étaient animés les prolétaires : sans esprit de classe bien net, sans programme social bien déftni, il leur semblait, dès ce moment, que la Ré,·olulion à laquelle ils concouraient de\'ait élre aussi un peu pour eux ; el ces premiers symplomes de la pénétration de la 11évolulion bourgeoisti par la classe ouvrière sonl d'un haut inlérèl. En toul cas, ces mouvements prolétariens ajoulaienl, si je puis dire, à ranimation genérale de Paris el en élevaiPnt encore la tonalilé. Mais c'est la question du pain qui faisait le plus fermenter la masse du peuple : le blé était cher, el surtout, il arrivait irrégulièrement; il élail au prix ;le quatre sous la livre, c'est-à-dire, si l'on compare les salaires d'alors qui, dans les corps d'état les plus favorisés, n'atteignaient pas cinquante sous, aux salaires d'aujourd'hui, qu'il élail lrois Coisplus cher que maintenant. 'Cne livre de pain représentait un sixième du salaire moyen : la charge élail énorme pour le peuple. De plus, il fallait quelquefois attendre longtemps à la porte des boulangers : el souYent le bruit se répandait que les blés n'était pas arrivés, que le pain allait manquer, el les femmes alîolées se précipitaient dans les rues el aux boutiques des boulangers. Quelle élail la cause de tous ces embarras? Si la récolte de 1788 avait élé très mauvaise, celle de l'année même était excellente. li semble donc qu'en octobre les arri,ages de blé à Paris auraient dù Nrc aboudanls. Le ballage des grains se tai,ail, il esl vrai, en grange el beaucoup moins vile qu'aujourd'hui. Mais à
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