Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

HISTOIRE SOCIALIS'n: 325 faites en leur nom : c'est celle de l'impossibilité. Toutes les fois quïl est possible à une nation de manifester clairement ses intentions, elle doit le foire, et c'est un crime de s'y opposer. « Pourquoi les peuples se choisissent-ils des représentant,? C'est que la difficulté d'agir par eux-mêmes est presque toujours insurmontal,le; car si ces grands corps pouvaient être constitués de manière à se mouvoir facilement el avec régularité, des délégués seraient inutiles,je dis plus, ils seraient dangereux. • Il n'y a donc, je le répète, que la seule impossibilité, l'impossibilité la plus absolue, où une nation nombreuse se trouve réduite d'agiter les grands objets politiques d'où dépend son bonheur, qui puisse autoriser la loi à lui en ravir l'examen. • Si celle vérité est claire el démontrée, il en résulte nécessairement qu'il faudrait prouver que lorsqu'un article de loi est comballu el indécis, que les pouvoirs ne peuvent pas se concilier, il est impossible à la Nation d'adopter un parti entre les prétentions opposées; el je n'aperçois aucune \ impossibilité. \--- « La décision d'un semblable différend se présente au contraire à mes regards comme simple et facile; il s'agit d'un objet fixe, connu el éclairé par la discussion publique, sur lequel les assemblées élémentaires pourraient prononcer par la formule la plus précise oui ou 11011, si elles l'aimaient mieux par celle-ci : j'adopte l'empêchement ou je te ,-eJeue. Toute la :'\alion, divise par grandes sections, s'exprimerait sans peine. • On pourrait même avoir le suffrage de chaque votant el, quelque immense que paraisse celle opération au premier coup d'œil, elle se simplifie à l'instant lorsqu'on pense que, dans cbaque Assemblée élémentaire, on dresserait aisément une liste particulière et que le dépouillement de ces listes donnerait un résultat général el certain. • li ajoutait : .• On élève beaucoup de doutes sur la sagesse de ces déclarations, el on appuie ces doutes sur l'ignorance du peuple ... Il ne faut pas se laisser abuser par des mols; le peuple est la Nation, et la Nation est la collection de tous les individus; donc il n'est pas exact de dire en général et sans e.iceplion que le peuple est ignorant. • Dans toutes les sociétés il est, je le sais, tme po,-tion des membres adonnée à l'agriculture et aux arts mécaniques qui n'apas eu te temps deperfectionner· son intelligence, qui n'est pas versée dans tes différentes branches d'économie politique et d'administration, dont tes vues sont peu étendues, avec w, sens d'ailleurs asse.:;droit; mais cette·portion, il est plus facile qu'on ne croit de l'éclairer, de l'intéresser insensiblement aux affaires publique et de lui inspirer le goiît de l'instruction. • Au moindre mouvement de la liberté, vous voyez les hommes les plus

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