HISTOIRE SOCIALISTE 319 annonçait déjà parroi~, malgré son lumullc el le mélange incertain de ses éléments, cdle correction bourgeoise qui sera Lienlôl la marque des Jacobins. Le Palais-Royal oscille de l"esl'rit Irgalitaire et constitutionnel à l'effer- ,rsc,,nce révolutionnaire, cl ces oscillations appara i~sent bien clans le récit de Lostalol. ce jeune journaliste de vingHi, ans, si méditatif et si arde11L à la fois, qui allait parfois au, réunions du Palai•-T\oyal. Le bruit $e répan,l à Paris <1uele samedi 20 ao0l Ie veto absolu a été sur le point dëtre adopté et que ses ad versaires sonl ,,n péril : « Dans l'après-midi (du dimanche 30 aoùt), les citoyen, $e ra-semblent, se communiquent leurs idées el leurs craintes; les débats. I,•s trouble, de la s(•ance de la veille semblaient confirmer les complots cl les idées effrni aule, que l'on s·erupressail ne ,e communic1uer; l"onse rcn,lail au Palais-lloyal, dans les clubs, dans les calé, puur obtenir la confirmation de ces nou,elles désastreuses; les groupes se gro,sis,aienl de moment en moment, l'on rnyait une trahison insigne el les tètes des meilleurs patriotes en danger. « Yainemenl dts hommes ~ages s'efforçaient de ramener le calme; à chaque inslanl des personnes que leur civisme a fait connatlre dé11onçaienLpar leur inquiétude pressante le danger imminent de la liberté, rl les injustices ou les attentats que l'on roulait commettre dans les séances sui\"irnte,. « li s'éleva sur le soir différentes motions dans le café de Foi; les uns voulaient que l'on fil a~sembler les district,; mais la lenteur de leurs opérations, l'incerlilude de la réussite, le manque de caractère pour former une drpulalion légale qui fOLadmise par les représentants de la Commune, l'aIJsence de pr ldotisme dont l'opinion de certains particuliers inculpait quelq11rsuns (,,. ,es memhres, semhlaiententln devoir forcer de renoncer à des démarches in,uffisanles. « Cependant il faut agir, disait-on; dans trois jours la France rst esclave el l'Europe suhra ,on ,ort ! Dans ces alternaliv(s cruelles, l'on ne prit conseil que d'un patriotisme ardent. Dans la chaleur des débats, quelqu'un rérlige une-motion qui porte en substance que sur le champ il faul partir pour Yersailles, déclare que l'on n'ignore point quels sont les complots de l'aristocratie pour faire passer le veto absJlu; que s'ils ne se rétractent, quinze mille hommes sonl prGLs à marcher; que la nation sera suppliée de briser res infidèles représentants el d'en nommer d'autres à leur place; qu'enfin le roi et Monseigneur Je dauphin seraient suppliés de se rendre au Louvre, pour que leurs personnes soient en sûreté; lei était Je contenu de celle motion. • Le marquis de Saint-Huruge el quelques autres personnes sonl nommés pour aller la présenter à l'Assemblée nationale; mais la crainte que le parti aristocratique ne suspcnclll leur mission par la force, engage à marcher en nombre sumsanl pour n'être point êlre arreté. « li était environ dix heures lorsque deux cents personnes partirent du
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