Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

312 JIISTOIR!s SOCIALISTE chimiste, r~1ssini, le directeur de l'Observatoire, et en0n, le philo sophe Condorcet, rllc n'avait ni un plan politique très net, ni une grande décision. Lo,talot, dans les Révolutio11S de Paris avait dénoncé, dès le mois d'aoOt, a\'CC une cc1laine âpreté, les dissentiments des districts, la dispersion de la \ic municipale : • La mésintelligence qui règne dans les district,, la contradiction de leurs principes, de leurs arrêtés et de leur po lice, offrent, depuis que le premier danger est passé, le spectacle d'une é pouvantable anarcbie. Qu'on imagine un homme dont chaque pied, chaque main, chaque membre aurait une intelligence el une volonté, dont une jambe voudrait marcher quand l'autre voudrait se reposer, dont le gosier se fermerait quand l'e,tomac demanderait des aliments; dont la bouche chanter,li t quand les yeux seraient appesantis par le sommeil, el l'on aura une ima ge frappante de l'état affligeant de la capitale. » A,ec cette disconlance des districts et cette diversité naissa nte des principes dans la bourgeoisie parisirnnc, il était mal aisé que l'assemblée centrale eût du ressorl cl une marche uniforme. Aussi on peu t 1mhoir dès maintenant que c'e•t par des impulsions particulières et loca le•, par des mouvements partiels et spontanés que Paris interviendra dan s les grands événements ré1•olulionnaire,. Quant à l'Assemblée Générale de la Commune, elle ne resta certes pas inactin; clic administra m·ec bon \Ouloir el a\'ec une sorte de sages se moyenne. Elle s'employa très consciencieusement à alimenter Paris au jour le jour; mni, il ne semble pas qu'dle ail su foire entendre aux autre s communes de France qui retenaient jalou-emenl le blé pour leur consomma tion proprn cc, Yéhi•menh appel, c1uiaurai~ul peut-litre déterminé une plu s large e,pédillon des grains vers Pari,. . A l'égard des ou1riers accumulés dans le, ateliers de charité à Montmartre, à Chaillol, les représentants bourgeois ùe la Commune eurent un e politique défiante, mais point brutale. lis voulaient présider à la di,Iocation de l'atelier de Montmartre qui comptait déja plus de dix mille ho mmes et qui s'accroissait tous les jou1·s des pauvres que la province rejetai t sur Paris. )lais ils curent d'abord quelques mfnagcmenls. Ils décidèrent même que la journée du dimanche serait payée aux ouvriers, l'exiguilo de leur salaire ne leur permettant pas l'interruption. liais ils ne lardèrent pas à abahser le taux du salaire en se plaignant de l'énormité des charges qui pe saient sur la Yille. El enfin ils donnèrent l'ordre aux ouvriers.de Montmartre de se disperser. Losl.olol qui 6tail un démocrate el qui avait l'âme compatissante , parle a,ec pitié de ces hommes; mais il désire lui .aussi la dissolution de l'atelier, et il ne propose aucun plan d'ensemble pour remédier à toute celle misère : • Il n'est pas, écrit-il, de sentiment pénible qui n'entre dans ! 'Ame en voyant sur le même point dix mille hommes, sous des haillon s, le visage

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