Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

UISTOinE SOCIALISTE 311 nvo,·aL au l'artemenl, futur d6pulé à la Législalire, con,eiller <l'État et mini,tre des culles sous l'Empire; Droussounet, naturaliste, de l'Académie des Scienct'S, ctéputé à la Législative; Cahier de Genille, avocat, substitut du procureur de la r.ommune, ministre de l'Jntélieur à la fin de 1îll1; Caron de DNumarchais, l'auteur du Mariage de Figa,·o; Gibert des ~loliêres, membre des Cinq-Cents; Quéronct ainé, profc~seur cl'éloquence, plus tard directeur de l'Ecole normale; V1crctellc ainé, a,orat, littérateur, de l'Académie Française, député à la Législative el au Corps ltgblatif sous l'Empire; de la llarpe, le célèbre critique littéraire, de l' Ac.iùémie Fr.1nçaise; le Houx de la Ville, ancien clirectrur des salines royales, mini,lrc drs Consultations publiques le 30 juillet 1î92; Iléal, procureur au Chatelet, <Juide1inl sub,litut de Chaumelle, accusateur public, conseiller d'Etat, préfet cle police; Thuriot de la Rosière, députo à la Législatile el à la Conl'enlion, etc. " La nouvelle a.,scmhléc des représentants cle la commune cle Paris n'était point médiocre : cl elle u·arnil même 1,oinl reçu de, électeurs un mot d'ordre de modérantbme. Je remarque même un clétail curh,ux : c·c,t que DrL»ot cleWarville, qni était à ce momenl-là un journaliste d'annt-garde, ~~t élu par ce di,trict des Pilles Saint-Thomas où résiùail el clominait la bovr!(eoisie nnancit're cl banquière, el que Maral ne va pa, tarder à dtnoucer sans trèl'e romme un foyer de contre-réYOlution. li n'y a1ail donc certainement dans la bourgeoisie notable de Paris, en cette fin <le juillet, aucun parti pris <le rt'Si,lance, aucun c'ésir de ~e rapprocher des anciennes cla,ses dirigeantes pour contenir et refouler la démocratie: el même plusieurs des élus étaient des démocrates hardis, comme Brissot, comme fiéal. ~:ais il semble qu'il n'y ait eu dans cette réunion d'hommes aucun esprit public vigoureux. La bourgeoisie parisienne qui les déléguail était fière de la victoire du 14 : mais assez amie de son 1e1os cl portée, par suite, il la confiance envers le Hoi, elle répugnait à Loule agitation el mème à toute action nouvelle; clic désira il que les éléments populaires n'eussent que des occasions très rares de rassemblement. D'ailleurs, lïncerlitude mème du mandat de celle assemblée communale, élue seulement pour tracer un plan d'organisation municipale, ses perpétuels conflits avec le maire Dailly, l'aITaiblissaienl : cl lorsque le maire, le 31 août, se décida à rompre avec celle assemblée el à faire appel aux districts, en vue de consUtuer une assemblée nouvelle de trois cents membres, celle-ci, formée ainsi au milieu des querelles, n·eul pas non plus une grande vigueur d'élan.· Elle sïnslalla le 19 septembre : et on put rapidement constater que, quoiqu'élle e1l.l conservé les hommes les plus éminents de la première assemblée communale, el qu'elle eO.trail de nouvelles et brillantes recrues, comme Duveyrier, Garran de Coulon, l'habile financier Mollien, les écrivains Bonnevile el Fréron, les grands savants de Jussieu, le botaniste, Lavoisier, le

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==