Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

298 JllSTOII\E SOCIALISTE féodall\, donna nvec force rontre le rachat des dimes et pour leur ab olition pure et ,impie. Tout l'effort des députés du Tiers fut de dblioguer la dime des droits féodau,. \rnoult dit c,pre,sément: • Le rachat ou la farullé de la conversion des dtm,•, en redevances esl un bienfait illusoire. La dime ne mérile pas la mh11P(n,.rur que les droits (,Jodaux. Ceux-ci supposent une concession primiti,e d,• fond, dont ils sont le prix; mais les fonds sujets à la dime n·o~t pas été concédés par le clergé. La dime n'est pas un droit k>ncier. mais une contrilJulion, un impôt: elle esl pour le clergé ce que les deniers publics sont pour le pouvoir e,éculif. " La ;-(ation doit la subsistance aux mini.Ires du culte, mais le, moye ns sont à ,a di-po,ilion. L'article, tel qu'il est rédigé par le Comité (c'est-à-dire avec le ra ·hal) n'est pas digne du corps lé 0 islalif: c·est une ,érilal,le lransaclinn. • Personne ne se leva dans l'Assemhlée pour dire : ~lais si l'aholilion des dlmrs, a,ec rarhal, est un bienfait illthOire, l'aholilion d,•s droits f éodaux, avec rarhal, n'c,t elle pas au•si un birnfail illu,oire? Le Tiers sentait bien la diflkullé, u,ais il cherchait à l'éluder el n'o-ail l'aborder de front. La noble,,e se réjouis:;ail d'une heureuse inconséquence qui la mettait à l'abri. EL le clergé lui-méme comprenait que sïl démontrait l'inefficacité généra le des drcn•t, du 4 aoOt, il rendrait d'autant plus iné,itable l'abolition des dimes sans indfrnnilé. Duport, avec sa grande aulorité de jurisconsulte, appuya la thèse d'Arnoull, el ~lir.11Jeau, qui avait garrlé le silence dans la journée du 4 a•>ùl, intervint ici avec force. JI démontra l'impossibilité du raçhal : • L'article 7, de la rédaction 'duquel vous Otes occupt', exprime mal vos intention~. You, n'avez pas pu, je le soutiens, messieurs, statuer ce que semble dire cet article, rnroir: que la dime serail représentée par une somme d'argent Ioule pareille; car elle est si excessivement oppressive que nous ne pourrion•, sans trahir nos plus saints devoirs, la laisser subsioter, soit en nature, soit dans un 6quivalent proportiounel. • 11 établit ensuite que le déci1111leur emportait, en clTel, le tiers du pro - duil net: el enfin il caractérisa de telle mani~re le droit et la fonc tion du cierge, qu'il le dépouillail non seulemrnl de la propriété des dimes mais de Loule la propriété eccl6siaslique : • Vous prendrez une idte juste de ce tribut oppressif, que l'on voudr ait co .vrir du beau nom de pru;,,iélil. • :Son, messieurs, la arme n'est point une propriété : la 1,ropriéti· ne s'e11trnrl que de celui qui peul aliéner les fonds : cl ja•nais le clergé 11c l'a pu ... le, dimes n'ont Jamais élé pour le clergé que des jouissance. ano ucllos, de sim~les possessions révocables à la volonté dn souverain. JI y a plus. la dime n'est pas même une possession comme on l'a dit : elle est une conlrl-

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