HISTOIRE SOCIALISTE 271 du i4 juillet, en même temps qu·elfo est une grande victoire bourgeoise, est une grande victoire populairn. Sans doute la participation directe du peuple combattant à celle grande journée n'aura pas, pour les prolétaires, des cons~quences immédiates. La Révolution en ses origines profondes est si esscnliellemcnl bourgeoise que, quelques semaines après le i4 juillet, quand l'Assemblée nationale, libérée par le pruple des attentais de la Cour, fixe le rl'c;ime électoral el e,clul du vole des millions de paunes salarié,, il nr vienl à la pensée d'aucun député, cl pas môme des plus <lémocrale,, de rappeler que devan l la naslille les oul'riers de Paris ont conquis pour les prolétaires de France le litre de citoyens actifs. Celle participation immMiale <lu peuple aux grands él'énemenls de la Révolulion semblait un accident à la fois glorieux el redoutable qui ne poul'ail faire loi pour la marche régulière d'une société ordonnée el libre. Ce n'esl pas en vain pourlanl que dès ses premiers pas la Révolution bourgeoise a dil recourir à la véhémence des cœurs el à la force des muscles OUl'riers. Quand la guerre contre les Vendéens, contre l"émigration, contre l'étranger portera au maximum la tension ré,•olulionnaire, quand le peuple gardera, à côlé des bourgeois héroïques, Ioules les portes de la Hérolulion, il faudra bien lui donner enfin droit de cité; comme les escla\'es antiques qui conquéraient leur liberté sur les champs de bataille, les prolétaires vont conquérir le droil de suffrage el quelques heures brèves de sournrainelé poli tique sur les champs de combal de la Révolution bourgeoise. Lenl ,era l'effort el brève la ,•icloire. Mais que le prolétariat ait pu, par J'éche!le hardie des événeruenls el '!les bataille,, se hau,ser un momcnl à la direction de la Révolution bourgeoise, ou du moins l' participer à côté des plus audacieux bourgeois, c'est pour lui un titre el une promesse d'avenir. Aussi c,1-ce sans trouble que dans l'immense foule qui, dans la journée du 1 't, a inve,ti les lnl'alides d'abord, la Bastille ensuite, nous avons entrevu dïnnombrablcs prolétaires. Qu'ils aillent à l'assaut: ils ne sonl pas dupes. Désarmés peul-être demain par la bourgeoisiedéflante, puis fusilllésau Champdc-)la;s deu~ ans après, ils n'en ont pas moins marqué de leur courage el de leur force la grande journée révolutionnaire, el grâce à ces vaillants, il n'y a rien aujourd"hui sous Je soleil qui apparlienne pleinement à la bourgeoi,i<•, pas m~me sa Révolulion. liais c'esl dans les campagnes, c'esl parmi les paysans que la prise de la Bastille eut le plus retenlissanl effet. Depuis rouverture des Etals-Généraux, les parsans altendaienl : quand donc l'Assemblée penserait-elle à leur, sour Irance,? Dr loin, mais informés à coup sùr par ceux qui les avaient aidés à rédiger leurs cahiers, ils suivaient la lulle du Tiers contre les pril'ilégié~ cl la Cour : ah! s, Je Tiers pouvait être vainqueur, comme on aballrail vile la tyrannie ùcs nobles! Aussi la journée du H fui décisive. Paris avail pris sa Bastille : il reslail aux paysans à prendre les leurs, Loules ces Bas li lies féodales,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==