IIISTOlllE SOCIALISTE 230 roi par le haul cl erg,·. Crlui-ci se, tait que le, curés allaient lui échapper, et il con,eilla à Louis X\'I de ,c sai;ir de l'alTairc. C'était un coup de maître: le roi dei rnail 1',11 hitre de la Hévolulion : après avoir réduil n un rôle subalterne les commissaires ùcs Etals-Généraux, c·esl-à-dire les Etals-Généraux eux-mêmes, il leur imposait dans la question du vole par lêle ou par ordre, qui commandait toutes les autres, sa solution, el le baul clergé, ayant maté par l'intervention royale la rési,lance encore Limi(le des curés, triomphait avec le roi, il devenait à ses côtés l'arbitre des événeme nls, le suprême modérateur de la Révolution. Ainsi le génie clérical répondait, par une manœ111re hardie, au coup droit porté par Mirabeau. L'embarras des communes ful ~rand. Accepter ces conférences? c'était tout liner à l'arbitraire du roi et mcllre la Révolution elle-même à la merci d'un arrêt du conseil. Les refuser? c'Nait entrer en Julie avec le roi lui-môme soutenu des autres or,ln·-. \lalouet aurait voulu non seulement qu'on enYO)âl des délégués à la conlér, nec, mais qu'on leur donn(\t un mandat lrès large. li s'obstinait à r6vcr l'entente cordiale des communes « et de l"élite des classes prh ilégiées ». Chapelier et les députés bretons s'oppo,èrcnt à Loule conférence, et ici encore, )!irabeau indiqua et fit adopter une démarche intermédiaire. li dé11onça le pi<'ge caché dans la proposition royale, le conciliabule du haut clergé qui l'avait inspiré, el il conclut qu'il élail imprudent cl impos;iblc de refuser les co11férences, mais qu'il fallait en môme lcm,.s envoyer au roi une députation directe pour bien lui fai~e enlen Ire que c'est une As,emhléc n;itionalc 11110 la frauce av~il nommée el que rien ne pvuvail rompre l'unité de la représentation nationale. li fut décidé ainsi, el une a,lres,e au rùi, assez allénur'e, d'ailleurs, cl prudente, fut rédigée. Pen,lanl que se lenaienl ces dnngereus('S conrér,•nccs, le haut clergé, décidément maître du terrain, el trainant à ~a suite les curés inlimi,!és, formula la proposition la plus insi<lieu-e. li demanda aux trois ordres de s'entendre 1iour remétlier à la cherlé des subsi,Lanrcs el assurer du p~in au peuple. C"était d'une habileté scélérate. Le haut cl!'r8é espé,ait ain-i se rcnùre populaire, et de plus il créait une di1ersion au problème poliUque : à quoi bon se quereller sur le vole par lêlc ou le vole par ordre7 Ne vaut-il pas mieux s·occuper du pauvre peuple,? Ainsi sans doute, pour un morceau de pain ou pour l'espoir d'un morceau de pain, le peuple abandononerait la Révolution. Les Communes indigné es commcncèrcn t à perdre patience. Elles répondirent que si le clergé vou lail vraiment s"occuper du peuple ~oulîranl, il n"avait qu'à se réunir aux députés du Tiers: elles laissaient entendre que si le clergé étail aussi in,palie nt de soulager les misères publiques, il n'avait qu'à renoncer à son luxe. )lais les c,immunes liées par les conférences commencées et par l'intervention royale n'osaient encore se dresser révolutionnairement contre toutes ces hypocrisies et toutes ces résistances. Elles attendaient encore el, avec une colère croissante, rongeaient leur frein, se deman-
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