IIISTOlfiE SOCIALISTE 2Z7 ,•olulion ho11rgeoise: tout au fond du sac du ,emeur I aysan des germes sont restés pour des sillons nou1ca11,. SOU\'Cnt,sous le rcg,ird des seigneurs ou de leurs hommes ù'a!Taircs, les paysans étaient gêné,; pour dire toute leur pcn,,. r. I.e ~ahier rl'.\ncleville débute par ces paroles: • Anileville: 36 feux: 13 <'lecteurs dénommrs au procès-verbal du 2;, fé\'rier 1ï89 - 2 députés, S. Lc,aud el J. D. A. Lr,tang. - Les habitant;; ont déclaré qu'il était nécessaire, avant de s'occuper de la rédac· lion de leur cahier de doléances, plainte et remontrances, de faire assurer à l'assemblée gé1.éralc du bailliage de Chartres, au sujet des trois C'ahirr, rles trois Etats réduits en un, quo cette rédaction ne peut avoir que de maul'ai,es suite, et presser la liberté du Tiers Etat. Quel est l'habitant de la campagne qui oserait mettre au jour et exposer aux yeux cl'unc asseml.,lée composée de ses seigneurs et maitres, les justes plaintes qu'il a à faire de rauus de leur autorité et de leurs privil~ges qui ne l'ait que concourir à sa ruine et à celle de ses compatriotes? Qui o,era !eue reprocher leur injustice et les ve,atiJns qui ont réduit ses ancêtres et ses dcsccmlants à la 1,l11sdure ~crviluclc? • • Personne n'ignore le mépris que les seigneurs font du malheureux habitant de la campagne; ils le regardent comme rirn, quoique ueaucoup estimat.,le; comme inutile quoique très utile el précieux à l'Etat. » « C'est un paisant, di,ent-ils, il est fait pour sui 1re nos caprices cl nous obéir, il faut le rétluire; ils le regardent comme une !J/:le de charge. Peut-il récrier contre cet abus infâme sans courroucer, aigrir et révoiler son seigneur contre lui? Si les cahiers de plaintes, remontrances et doléances du 'rier;; El1l, quoique très justes et conformes aux al.,us régnants, si, dis-je, ces cahiers étaient connus des deux Etals supérieurs, ils ne pouvaient qu'être nuisibles, par la suite, aux paroi~sesqui les auraient présentés et qui seraient victimes de leur \'Cngeanco. Il est donc très important que c,'s cahiers soient inconnus des deux autres Etats et rédigés à part.• JI yeutdcs parois-es où celle crainte du uoble, présidant lui-même ou par son bailli paralysa les, œux des paysans. )lais presque partout l'élan était si fort, la soulfrance ~i grande qu'ils surent palier h~ut et clair: et si leur cri de misère et de rérnlle lut allénue de suite et amorti, ce rut var la prudence des bourgeois des villes qui tout en étant prôts à utiliser contre l'ancien régime et l'ausoluti,me le Jllouvemcnt des campagnes s'effrayaient un peu de la violence des paJ sans. Mais dan; les paroisses cl communautés, où les vues générales et hardies de la uourgeoisic pou,, la Constitution se concilient avec l';\pre re1eodication pay,anne, l'esprit de la Révolution apparait dans sa plt'uitude et dans sa force: c·e,t le cas, par exemtile, de la paroisse de Fos,es, dont je devrais citer tout enlier l'admirahle cahier: je n'en puis, faute d'espace, détachet· que quelque, articles, d'un accent de ré volte incomparable, et si l'on rejoint ce cahier paysan, où la terre crie sa sou!Trance et sa colère, au cahier de Paris, si lu-
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