203 IIISTOIBE SOCIALISTE retour aux communautés; c'est un assez curieux exemple de propriété commune, et aussi des périls qui la menaçaient de tous côlés. La noblesse demande rlonc « que le.s carrières placées dans les biens communaux et patrimoniaux des habitants de ce pays, dont le fermier du domaine de Sa Majesté s·esl emparé, soient resliluées aux dites communautés qt:i en sont propriétaires, cl que le.s habitants de cc pays placés au milieu des rochers du Jura et <les Alpes, ne soient pas tenus d'acheter jusqu'aux pierres que la nature leur a p, ncliguées pour la construction de leurs habitations. • La protestation du Tiers Etal est identique dans le fond. li y a con nit, sur là question des biens communaux entre la noblesse et le 'l'iers-Elat de Lyon. La noblesse demande « que la division des communaux soit favorisée de manière à attacher plus de sujets à la patr:e par des propriétés et à faire fleurir l'agricullurc. » El au contraire, le Tiers Etat dit : • :fous 1lemandons enfin que les biens communaux restent en nature aux . commu11,n1tés, qui seront autori,ées à faire rentrer dans leurs mains ceux aliénés ou usurpés, quelque lo110 ue qne puisse être la possession des détenteurs des dits biens. • Le Tiers-Elat cle )!.\con est très é1ier 0 ique : • Des commissaires s·occuperont de la ,·ec!,erclte des communaux usurpés sur les communautés et dont la ,·estit11tion est absolument nécessaire à tagricultw·e. • Au contraire, le Tiers Elal des baillia 0 es de ~!antes el de Meulan « sollicite une loi qui sen·e de ,égime à L11l:11inistratio11des biens communaux et demande entre autres choses le partage de ces biens dans tous les lieu.-,;oû ils sont indivis entre plusiew·., JJ(troisses; la paix et l'union des citoyens qui en résultera nous portent à cet,,· molion, comme les principes nous autorisent à demander le retrait de ceux qui sonl entre les mains d'indivis possesseurs. • Lui aussi, le Tiers Etal de Guéi'el, dans la Haute Marche, esl pour le partage : • Le partage des communaux mérite d'être pris en considération. lis comprennent une 0 ra11ùc 6ienclue de terrain qui n'olîre qu'une vaine pâture. li serait donc d'un intérêt général d'en féconder une partie par la cullur!: cl d'en semer une partie en bois. » li est visible, au·x signatures, que cc sont iles bourgeois de la ville, ùes négociants ou mème des J,ourgeoi3 anoblis, qui ont rédigé les cahiers de Guéret, et je doute qu'il tradui;c sans réserve la pcn-ée des paysans. Mais voic_i une ap1iarente anomalie : c'est la noblesse de Mirecourt qui, contrairement à la tactique presque universelle de la noblesse, demande le mainlien des biens des communautés. Elle dit en elîet dans son cahier • que si l'on venait à proposer le partage des communes, il sera demandé que cet objet mit renvoyé aux Elats provinciaux, et observé que plusieurs cantons de la province le regardent comme destructif de l'agriculture, seule ressource de la Lorraine, que lïnsufllsanee des prés ne peut èlre suppléée que par le droit de pâture sur les communes; que le pariage qui en serait fait ajouterait
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