Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

190 lIISTOIT\E SOCl:\LIS'l'E • Les habitants demandenl quïl leur soil permis de !aire pâlurer el champoyer par leurs besliaux les prés de leur finage appelé Séchereret, les revers d'héritages et les fonds où l'on sème du trèfle el du ~ainfoin, lesquels fonds produisent de l'herbe qu'il est impossible de faucher ... » Voici encore la plainte de ~-ilaine en Duemon : • C'est une terre domaniale engagée. li dépend de cette seigneurie une pièce de pré de cinq cents hectares, appelée le Retrait. li y a quelques fossés autour du pré, mais il n'est pas assez suffisamment défendu ni clos. Cependant les habilants de Vilaine n'osent pas envoyer pâturer leurs bestiaux dans ce pré en temps de vaine pâture. Ils supplient Sa Majesté d'ordonner qu'à l'avenir le vain pâturage leur soit permis dans celle pièce de pré, après la première herbe levée.» Le •riers Étal du bailliage d'Auxonne demande nellemenl en l'art. 29 de son cahier « que 1'6dit des clôlures soit révoqué el que le pâturage soit libre dans le temps de la vainc pillure ». Le Tiers État de Douai d~mande, en son article 34, • qu'il soHd6lendu à tous seigneurs de llàlir sur les chemins vicomtiers, landes et terres vagues, !l'en acceuser aucune partie, de troubler les communautés d'habilants dans le droit de vains pâturages qu'elles y ont, et que tous actes faits au contraire depuis vingt ans soient révoqués. » Le village de Durcy (donl partie est Flandre, partie Cambrésis, partie Artois) demande • à être maintenu dans le droit de vain pâturage des chemines vicomtiers que le dit seigneur prétend s'approprier. » Le Tiers État d'Etampes déclare, en l'article 8 de son cahier: " li y a quantité de plllures el communes pour le, bestiaux des villages; il serait nécessaire de veiller à leur conservation, el que les meuniers ne puissent las inonder par une mauvaise construction de leur moulin. " Le Tiers Etat de Meaux adopte une solution lempérée. li dit en son article 8 : « Faire une loi perpt\tuelle de l'édit de 1771, rendu pour le, clôtures el échanges avec la restriction que les prés et prairies sujets au pâturage commun après la première levée, ne pourront élre clos. • · Le Tiers Etat de Melun va jusqu'à une réglementation de la vaine pâture, très voisine de la suppression : • Qu'il soit fait des règlements sur les pâturages destinés aux différentes espèces de bestiaux, eu égard aux différents inconvénients qui pourraient résulter du pâturage commun entre tous. » Au contraire les habitants de Bruyère-le-Chatel demandent : « Qu'il soit permis aux gens de la campagne de couper el enlever, pour la nourriture de leurs bestiaux, l'herbe qui croll dans les bois, pourvu qu'lls n'introduisent aucune vache ni autres bestiaux, el avec la précaution de ne causer aucun dommage aux taillis. » Les paysans de Draveil se plaignent âprement : « Article 2. Les dits délibérants disent qu'il y a environ une quinzaine d'années, que, sous le

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