l!ISTOIII E SOCIALISTE Hl! JI semble bien qu'en quelques régions el à certains moments les seil'(nr11fl, onl son!'é à jouer cc rôle de dé10agogie féodale, qui aurait créé à la Hùvolulio11 un formidable obstacle. Je note dans le recueil de la Société royale d'agriculture un bien curiru, procès qui V('nail en ns;; devant le Conseil d'Etat du Roi. • Les habitants du \illag,, d'Urvillicrs el ceu., de quatorze autres villages du ressort ùu bailliage tle Saint-Quentin usaient librement, il l'in,tar de lrurs YOisins, du droit de récolter leur grains en employant la faucille ou la fau,, suivant que les circonstances les y déterminaient dans leur plus grand intérêl. » « Le lieutenant du bailliage de Saint-Quentin, seigneur d"Un illiers, fit rendre contre eux, le 12 septembre Viî0, par son juge, une sentence portant défense de faire aucuns chaumes sur les terres qu'ils ayaient fait scier, leur ordonnant de laisser le chaume sur leurs terres aux pauvres d'\.."rvilliers el les condamnanl. • Tous les propriétaires paysans de la région alléguaient que quand leurs blés étaient un peu ,erts el que !es grains tenaient bien dans l"épi, ils fauchaient leurs blés, qu'ainsi ils pou\'ail 111les couper ras sans perdre de grains; qu'au contraire quand les bl~s étaient trop mQrs, ils ne pouvaient les faucher sans perdre beaucoup de grains et recouraient à la raucillc, El ils concluaient : Pui~que, <1uandnous fauchons nos blés, nous ne lai;- sons pas de chaume aux pauvre~. pourquoi veut-on nous interdire d"utiliser nous-mêmes les chaumes laissés par la faucille? Yeut-on nous obliger, puur ne pas perdre les chaumes, à employer la faux toujours, même quand les blés trop mQrs laisseront tomber le grain? Le seigneur les condamnait obstinomenl. Curieuse lutte que celle des pau, res soutenus par le seigneur contre tou; les proprictaires paysans acharnés il ne rien laisser, même aux a!famés, de la récolte qui leur avait coQté tant ùe peine et sur laquelle d'ailleurs le seigneur el le décimateur prélernient tant de belles gerbes, Généralisée el sy,tématisée, celle lutte, si hypocrite qu'elle fQt de la pa1·t des nobles expluilcur;, aurait pu avoir de graves conséquences, Je lis dans le cahier des remontrances du bourg el paroisse de Chelles u11 article contre le glanage et contre la romplaisance des seigneurs et de leùrs juges pour les glaneurs. • La coutume de Pari,, ni presque aucune autre, n'ont parlé du glanage; le zèle du parlement à veiller il l'ordre public lui a foit donner des règlements parlant qu'on ne pourra J'aire entrer aucune bête dans l'héritage moissonné que trois jours après la récolte, pour que les pauvres aient le Lemps de ramasser ce qui a pu en rester, que les glaneurs ne peuvent glaner qu"après l'enlier enlèvement des fruits récoltés et qu'il n'y aura que les pauvres bors d'étal de travailler par âge ou par infirmité, tels que les vieillards ou le~ enfants qui peuvent glaner et non les personnes aisées et en état de travailler; mais que faute pat le jw:;e des seigneurs de tenir la main à l'exé-
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