1S8 IIISTOinE SOCIALISTG dis que les bra; rnanqucnl à l'agricullure, les glaneurs qui en sont les para- ~ite,, sont rn nombre et en force, il ne s'embarrassent ni des plaintes, ni de la surveillance, rien n·arrètc leur déprédation; sans foi comme sans honneur, il., pre(èrent ce mélirr â cel11idr moissonneur, parc, que Ir profit de a demier C$tmoindre et e.cige plus de travail que celui de glaneu,·. « Ces gens ne connaisscnl d'autres lois que l'inlérêl et le brigandage ; la crainte est le seul moyen capable de les arrêter. li serait donc il souhaiter qu·il cet eITcton augment.il la maréchaussée, ce corps si utile pour la sûreté des \'illes et ùe, campagne,, q11rles cavaliers se dispersassent dans les temJ!' de la moisson. quïls se molllrassent dans les champs qu·on recueillr, quïls punissent les dèpra!lateurs el ceux qui glaneront avant le moment prescrit p:ir les ordonnances et quïls ne permissent le glanage qu·aux enfant,, au, ,icillards el aux personnes incapables de lraYailler, qui seront reconnues tt'llcs par un certificat du curé et du syndic. » Quelle âprelé l et aussi quel aveu! Les pauvres manounicrs qui moissonnent sont si mal payés que le glanage est plus fructueux : el on devine qu·en i11lcrdisant le glanage, les propriétaires veulent accroître encore la main d'œuvre immédiatement disponible pour la moisson et en abaisser encore le prix. Mais allez au cahier du 'riers Etat de la même sénéchaussée du Boulonais et vous y trouverez à l'article 17, la même condamnation du glanage : • Ils demanderonl qu'en interprétant les règlements faits au sujel du glanage, il soit défendu, sous peiar de J)l'ison, it toute personne de glaner sans en avoir obtenu la permission, par écril, des•ofikiers de police ou des syndic_s, lesquels ne pourront l'accorder qu'au, enfants au-dessous de quatorze ans, aux vieillard, ùgés de sohante-dh ans cl aux infirmes. » Les propriét,1ires nobles appellent les cavaliers de la maréchaussée da11s les champs où tombent les épis: les propriétaires bourgeois ou paysans réclament la prison conlre les glaneurs. Partout ici, l'exclusive propriété individuelle s'affirme contre l'antique droil des pau nes avec la même force et la même âpre lé. Au conlrai.re, voici le villüge du Pin qui se plaint amèrement des entraves apportées au droit de glanage. Les pauvres habitants, au sixième article de leur cahier de doléances, disent: « Les fermiers onl la dureté de ne laisser glaner qu'en même temps que leurs bestiaux vicnncnl pftturer; cela fail un tort considérable aux pauvres habitants à qui on ôte la liberté de rama~ser les épis restant en terre. JI est inléressanl d'ordonner que le glanage sera permis à mesure qu'on enlèvera les gerbes el que défenses seront faites aux fermiers de mellre leurs troupeaux dans lesdites lerres jusqu'à ce que le glanage ait élé entièrement fail. " El ils ajoulenl : • Les fermiers onl l'horrible habitude de faire faucher les blés au lieu de les faire scier avec des faucilles, el de celle horrible babi-
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